Des policiers qui fliquent les grévistes, cette pratique rappelle étrangement la Stasi, et pourtant nous sommes bien en France. Le 7 septembre dernier, des gendarmes se sont rendus dans certaines écoles du Val d’Oise pour évaluer le nombre de gréviste. Si ces patrouilles inopinées ont eu l’effet d’une bombe, les responsables et les raisons restent obscures.

La communauté éducative d’Auvers-sur-Oise est encore sous le choc. Mardi 7 septembre, alors que la grève battait son plein, Laurence Béré, directrice de l’Ecole Les Aunaies, a vu débouler d’étranges invités. « Deux jeunes gendarmes sont arrivés dans la matinée. Ils n’avaient pas l’air très à l’aise, ils m’ont demandé le nombre de grévistes » a expliqué cette dernière au site Rue89. Cette intervention pour le moins insolite a déclenché un véritable tollé. Immédiatement alerté, Jean-Pierre Béquet, le maire PS de la ville reçoit plaintes de quatre écoles élémentaires : « les directrices ont appelé tout de suite, choquées et stupéfaites. J’ai appelé la gendarmerie qui m’a confirmé que les gendarmes avaient reçu un ordre d’en haut, c’est pourquoi j’ai envoyé un courrier à Brice Hortefeux ».

A qui la faute ?

Tous les organismes se renvoient la balle, de plus il y aurait d’autres communes du Val-d’Oise, impliquées : Jouy-le-Moutier, Méry-sur-Oise, Ecouen et Ezanville. Pour expliquer cet épi phénomène, le directeur de cabinet de la préfecture Val d’Oise a pris les choses en main. « L’initiative prise par une patrouille de gendarmerie qui, le 7 septembre pour connaître le nombre de grévistes parmi le personnel, s’est rendue dans plusieurs écoles de votre commune était inappropriée. Je l’ai indiqué au Colonel, commandant le groupement, qui a aussitôt donné des instructions pour que cela ne se renouvelle pas », explique-il dans un communiqué.

«  L’école est un sanctuaire que les gendarmes doivent respecter…»

Jean-Pierre Béquet déplore ce manque de communication. « On ne sait pas d’où l’ordre est venu, ni pourquoi, je me demande si ce n’est pas le climat sécuritaire » s’interroge-t-il. Les raisons pourraient être le Service Minimum d’Accueil (SMA). Chaque gréviste se doit de prévenir 48h à l’avance, les inspections académiques pour que ces dernières puissent prévoir un SMA. Néanmoins certaines villes rechignent à appliquer ce système, ce qui pourrait expliquer la venue des gendarmes. « L’école est un sanctuaire que les gendarmes doivent respecter, ils n’ont aucun droit, je ne vois pas l’intérêt d’une telle intervention », dénonce-t-il.


Un nouveau préavis de grève a été déposé pour le 23 septembre. Jean-Pierre Béquet a prévenu qu’il monterait d’un cran si cela venait à se reproduire.