Le mur de l’accusation vient de s’effondrer. Le témoin majeur du procès des tireurs présumés de Villiers-le-Bel, Christophe B., a affirmé avoir subi des pressions de la part des forces de l’ordre lors de son témoignage. Cette révélation pourrait relancer le procès.

La procureur de la République de Pontoise a déclaré au Parisien que « Christopher B. a dit ce qu’il avait à dire sans aucune pression », ajoutant que son témoignage n’était « pas essentiel ».

Coup de théâtre dans l’affaire des tireurs présumés de Villiers-le-Bel. Trois mois après le verdict, le témoin clé de l’accusation, Christophe B, déclare avoir menti à la demande des policiers. Il aurait monté de toute pièce ses accusations pour bénéficier d’une remise de peine. « On lui a demandé de faire un faux témoignage en échange de sa remise en liberté et d’autres promesses, comme celle de récupérer son permis de conduire » explique son avocat dans les colonnes du Parisien. En novembre 2007, deux adolescents à moto avaient trouvé la mort en percutant une voiture de police, déclenchant deux nuits d’émeutes où une centaine de policiers furent la cible de projectiles en tout genre. En juin dernier, cinq jeunes comparaissaient pour avoir tiré à coup de fusil à pompe sur les forces de l’ordre. Bien que la défense fustigeait le manque de preuves tangibles, l’accusation avait réuni plusieurs témoignages sous X…

Un procès sous haute tension

Sur les cinq témoins du procès des tireurs présumés des émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel seul un d’entre d’eux avait accepté de témoigner à visage découvert, il s’agit de Christophe B. En mars 2008, alors qu’il se trouvait en détention dans le cadre d’une autre affaire, il s’était retrouvé dans les cellules de la cour d’appel de Versailles aux côtés des deux suspects. Il aurait alors assisté à une conversation entre deux accusés, Adama Kamara et Maka Kante. Des propos initiaux, selon ce dernier, « ils disent que j’ai tiré alors que ce n’est même pas vrai, j’étais à la mosquée », Christophe les aurait transformé en « je vais dire que j’étais à la mosquée. Ça va passer tranquille ».

A l’issue du procès, entre 3 et 15 ans de prison ont été infligés aux jeunes âgées de 23 à 30 ans. Christophe auarit alors craqué sous le poids le la culpabilité. Son avocate vient de déposer plainte pour subordination à la défense. « C’est l’ensemble de l’instruction qui est entachée. S’il y a eu des pressions sur Christopher B., cela nous amène à nous interroger aussi sur les déclarations des témoins sous X », confie Me Patrick Arapian, avocat de la défense. Les cinq jeunes sont incarcérés depuis maintenant 2 ans.

La procureur de la République de Pontoise a déclaré au Parisien que « Christopher B. a dit ce qu’il avait à dire sans aucune pression », ajoutant que son témoignage n’était « pas essentiel ». « Il n’a fait que rapporter des propos, ce n’est pas un témoin direct ».