Les associations de riverains ont pris acte de la volonté de l’Etat de relever les trajectoires de 300 mètres à l’arrivée sur l’aéroport de Roissy. Un bon point. Elles attendent maintenant que la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) étudie “sérieusement” la descente des avions en continu“moteurs au ralenti et volets non sortis”. Pour le président de l’Adocnar, Alain Péri, “si les avions descendaient en continu dès 5000 mètres à 30 kilomètres de l’aéroport, là il y aurait un vrai bénéfice pour les habitants notamment sur Pontoise ou Conflans-Saint-Honorine”.

 La principale associations de riverains de Roissy, l’Advocnar, reconnaît une avancée de l’Etat avec le relèvement des trajectoires de 300 mètres à 15 kilomètres au-delà de l’aéroport. “C’est toujours bon à prendre, mais ce n’est qu’une petite amélioration !”, juge Alain Péri. Contrairement à la DGAC, il ne prédit pas un bruit diminué de moitié. “Il y a une confusion ! En terme d’énergie sonore, c’est vrai. Mais l’énergie sonore ne correspond pas à la perception. Trois décibels, c’est perceptible mais on ne peut pas dire que les nuisances vont diminuer de moitié”.

De son côté, le vice-président de l’Advocnar Pierre Feuillastre explique que cette mesure ne changera rien pour les habitants de la vallée de Montmorency. “A la hauteur d’Ermont les avions resteront à 900 mètres. Ceux qui profiteront de cette mesure sont ceux qui habitent au-delà Ermont, à Pontoise notamment.” Mais il ne faut s’attendre à un ciel sans bruit de réacteurs. “Le problème c’est que les avions continueront à descendre en palier, avec les volets ouverts”, regrette Alain Péri qui milite pour que la DGAC étudie “sérieusement les descentes en continu, moteur au ralenti et volets non sortis”.

Si les avions descendaient en continue dès 5000 mètres à 30 kilomètres de l’aéroport, là il y aurait un vrai bénéfice pour les habitants de Pontoise, Conflans et Saint-Germain-en-Laye”, affirme le président de l’Adocnar qui avance un argument de poids : “Les compagnies aériennes y sont favorables car la descente en continue représente une économie de kérosène”.

Reste maintenant à la DGAC à étudier la question. “ça nécessite une organisation différente pour la DGAC avec des zones d’attente très haut dans le ciel. C’est possible. C’est le cas à Londres. Heathrow est un modèle exemplaire : 82 % des vols se font en descente continue. Depuis 10 ans !”, déclare Alain Péri qui demande “une confrontation entre les spécialistes français de la DGAC et les anglais”. 

Il reste que les habitants, qui habitent dans un rayon de quinze kilomètres de l’aéroport, ont peu d’espoir avec ou sans descente en continue. “La pente de descente restera la même. A 15 kilomètres, les avions sont à 900 mètres, ça ne change rien”, constate Alain Péri.