« Les élus qui hurlent contre la politique discriminatoire du gouvernement à l’égard des Roms et qui, en même temps, les assignent devant les tribunaux pour « stationnement illicite » sont inconséquents et, en dépit de leurs prises de position publiques, demeurent impitoyables. » Jean-Pierre Dacheux, animateur du Collectif de défense des Roms de Roumanie est remonté contre l’agglomération de Cergy-Pontoise. En cause : une assignation en référé de Roms installés dans le secteur et plusieurs dizaine de fois contraints de se déplacer.  

 Pourtant docteur en philosophie, Jean-Pierre Dacheux est sorti de ses gonds à l’annonce des derniers déboires de famille rom sur Cergy-Pontoise. « Chassés de Liesse, de Neuville, de la zone d’activités des Béthunes, de la Plaine de Pierrelaye, les Roms sont épuisés, ne sachant plus ni que dire ni que faire, mais voulant farouchement faire leur vie ici » explique-t-il dans un communiqué. Parmi eux, certains sont en France depuis 1982. Ils ont désertés l’armée de Ceausescu ou bien sont nés ici. « Voilà, parmi d’autres, qui sont les indésirables auxquels la Communauté d’Agglomération de Cergy Pontoise ne laisse aucun répit ! » lâche ce fervent défenseur des Roms.

Par un référé d’heure à heure (procédure d’urgence, NDLR), ces mêmes Roms ont reçu, le 21 septembre, des mains d’un huissier, une convocation devant le Tribunal de Pontoise, le 24 septembre à 9h30. « Un avocat a été averti, in extremis, sinon ils allaient se retrouver sans conseil devant le Juge » glisse-t-il.

Dans son collimateur : le double discours de la gauche. « Qu’on cesse de parler des Roms pour les plaindre, si l’on ne recherche, pour régler leurs installations illicites, aucune autre solution que judiciaire » s’insurge-t-il. « La limite de l’hypocrisie est ici atteinte et Monsieur Dominique Lefèvre, président de l’Agglomération, pourrait pourtant, s’il veut ne pas entrer en contradiction avec lui-même, intervenir pour qu’on laisse aux Roms le temps de respirer » suggère Jean-Pierre Dacheux.

« À quoi servent, en effet, ces protestations et cette énorme vague d’informations visant à faire prendre en considération le sort des Roms, si rien jamais ne change ! Une fois retombée la fièvre médiatique, allons nous nous retrouver dans la situation antérieure, ou pire ? »
s’interroge-t-il.