Le 28 septembre à Méry-sur-Oise, une opération de police judiciaire a conduit les services de la gendarmerie à effectuer des mesures biométriques sur les Roms séjournant sur un terrain en friche. Aujourd’hui, des associations de défense des Roms présentes ce jour-là (ASET95, LDH, Secours Catholique et collectif de soutien aux familles Roms de Roumanie) dénoncent ce fichage et parlent d’une « criminalisation » de cette population. « Il s’agit, selon nous, d’un fichage des Roms et donc d’un fichage ethnique » indique le collectif de soutien aux familles Roms de Roumanie.

 Tous les Roms adultes ont indiqué aux association avoir subi un véritable fichage avec photographies, de face et de profil, prise d’empreintes palmaires et digitales, enfin prélèvements de salive permettant le relevé des empreintes génétiques (ADN). « Les informations recueillies, confidentielles, sont censées concerner des personnes susceptibles d’avoir commis des délits et le seul fait d’avoir participé, « en réunion », à un stationnement illicite, est considéré comme un délit » rappelle le collectif de défense des Roms de Roumanie. Ce dernier ne conteste d’ailleurs pas la légalité de l’intervention de la gendarmerie mais sa moralité. Il considère qu’un fichage, « même légal, peut être illégitime et illicite, c’est-à-dire immoral. »

« Une vieille pratique raciste »

« L’éthique précède la loi. La criminalisation des Roms, quoi qu’ils fassent, est une discrimination que réprouvent nombre d’instances internationales et qu’a récemment déplorée la Commission européenne » insiste Jean-Pierre Dacheux, animateur du collectif de défense des Roms de Roumanie, qui n’hésite pas à faire un rapprochement entre ce fichage des Roms et ceux anthropométriques des Tsiganes réalisés, en France, de 1912 à 1969.

« Cette vieille pratique raciste, abandonnée au siècle dernier, doit être condamnée, sans réserve, par tous les citoyens attachés au respect des êtres humains. Elle est incompatible avec notre démocratie elle-même » martèle-t-il. Si Jean-Pierre Dacheux avait déjà connaissance de l’existence des relevés photographiques lors d’expulsion de campements de Roms, il ignorait pour l’ADN. Une nouveauté dans la procédure que l’on peut expliquer avec la mise en place ce vendredi du fichier Oscar (Outil simplifié de contrôle des aides au retour) destiné aux étrangers bénéficiant du retour aidé dans leurs pays. « C’est dangereux. Jusqu’où irons-nous ? » s’interroge Jean-Pierre Dacheux.