Le dimanche 17 octobre, Maguelonne Toussaint-Samat, historienne de la gastronomie, sera à Auvers-sur-Oise dans le cadre de la semaine du goût pour animer une conférence-dégustation sur le thème du « sexe des gâteaux ». Organisée par l’Office de Tourisme, cet événement permettra aux gourmands de découvrir quatre gâteaux de 4 époques historiques différentes avec Elsa Marie, pâtissière au Grand Vefour.  (Pour l’époque des Pharaons, « le pain fourré aux dattes », la Renaissance « le sacristain », l’époque Louis XV « le baba au rhum » et le milieu XIXe siècle « la religieuses au café ».

 « Existait-il des pâtisseries à l’aube des temps ? Bien sûr que oui ! La gourmandise représente un des piliers de nos civilisations et participe aux divers rituels religieux et sociaux.
A l’aube des temps il n’y avait que des « déesses-mères » à qui les femmes faisaient des offrandes pour s’assurer de leur bienveillance et de leur subsistance (la pâtisserie étant considérée comme les meilleures de ces offrandes) jusqu’au jour où les patriarches amenèrent avec eux des « dieux le père » et prirent le pouvoir interdisant les femmes « de feu et de couteau ».
Ils ont gouverné la cuisine et les gâteaux sont devenus des objets laïcs et commerciaux.
Mais les femmes restaient spécialistes des pâtisseries de famille et des oblations aux déesses agricoles.
A la fin du XVIIe siècle ce fut l’arrivée des « petits fours ». Les femmes sont toujours spoliées de leur talent et même à la fin du XIXe siècle elles se trouvent encore en rivalité avec les hommes.
On cite même au XXIe siècle les rescapées de cet ostracisme gardant la condescendance attendrie du public pour les entremets et confitures de grand-mères.
Les marques commerciales ont trouvé des patronnes comme « Tante
Marie », « Bonne maman », « Grand-mère », etc pour les produits censés flatter la gourmandise. »