Nouvel album, nouveau spectacle et nouveau batteur. Avec « Garçons sensibles », dont la sortie est prévue le 25 octobre, le groupe valdoisien Courir les Rues présente son disque le plus abouti et débute une tournée hexagonale déjà bien fournie. Des avancées rendues possibles par la professionnalisation du quintet qui a pu prendre le temps de soigner les détails.

« On a changé notre façon de travailler, explique Maxime, le chanteur et guitariste du groupe. Nous sommes professionnels depuis deux ans, ce qui nous a permis de tous travailler sur ce projet à plein temps. » La palette musicale de la formation valdoisienne s’est également élargie. Batterie, percussions et guitare électrique viennent désormais appuyer l’énergie explosive qui caractérise Courir les rues. Des nouveautés qu’ont pu découvrir les nombreux spectateurs des Trois Baudets à Paris, où le quintet a étrenné son nouvel album le mardi 12 octobre.

 Courir les rues, c’est comme le bon vin, meilleur en vieillissant. Résultat, « Garçons sensibles » enchante par ses arrangements soignés et plus fouillés, signés Julien Perraudeau (Jacques Higelin, Diving with Andy…), qui font oublier la légère perte d’énergie. « Les textes sont plus intéressants à mon goût », ajoute Maxime, le principal interprète du groupe. Sur cette nouvelle galette, la bande de copains livre 14 histoires qui vous embarquent dans un monde surprenant, sensible et parfois cyniquement drôle. Le poilu a-t-il plus de chances de gagner aux jeux de hasard ou de survivre au front (La vie à 1000 contre un) ? Trouvera-t-on un colocataire pour partager le loyer du 9m² (3 par 3) ? Vaut-il mieux connaitre le sens de sa vie ou être bien coiffé le matin (Gamin) ?… Des textes servis par tous les membres du groupe qui se relayent derrière le micro à un moment ou un autre de l’album comme sur « Elle ronfle », chantée par Louis Galliot, le contrebassiste.

 Sur la scène des Trois Baudets, Maxime, Olivier, JP, Julien et Louis ont tout d’abord offert leurs titres les plus intimistes aux 90 spectateurs présents. La Band, un quintet de cuivres, s’est ensuite mêlé à la fête pour une deuxième partie de concert beaucoup plus festive, où le jazz et la chanson française se sont superposés avec une facilité déconcertante. Dans un esprit d’ouverture et de partage, les 10 musiciens aux influences diverses (classique, pop, swing, chanson…) s’amusent également avec le reggae (Catastrophe personnelle), le hip-hop (Elle ronfle) ou encore le tango (Dis-lui que tu l’aimes)… Et le cocktail semble gagnant. A la sortie du concert, les spectateurs ont le sourire et reconnaissent avoir passé un très bon moment en compagnie de ces multi-instrumentistes chevronnés. C’est le cas d’Aurélie, une habituée du groupe. « Je suis Courir les rues depuis longtemps et je dois avouer qu’ils ont encore réussi à me surprendre avec leurs nouvelles chansons et mise en scène ». Simon, pour qui c’était une première, a surtout retenu « la communion avec le public.»

Pour ceux qui ont raté la prestation de Courir les rues du mardi 12 octobre aux Trois Baudets à Paris, des séances de rattrapage auront lieu les 6 novembre et 10 décembre. Le quintet se produira aussi dans le Val d’Oise avec sa Band le 26 novembre à l’Espace Michel Berger de Sannois. De nombreux invités sont d’ores et déjà au programme comme Fred des Ogres de Barback ou encore Emmanuel Urbanet des Joyeux Urbains. Il faudra venir nombreux car le groupe profitera de l’occasion pour enregistrer un cd et un dvd live plus d’un an après cette captation faite à l’Européen à Paris.

Fabien Madigou