Les maires PS de Villiers le Bel et Cergy, Didier Vaillant et Dominique Lefebvre, ont adressé un courrier au préfet du Val d’Oise pour réclamer notamment « le maintien des unités territoriales de quartier » sur leur ville dans l’esprit de leur création. Ils refusent de les voir se transformer en « brigade spéciale d’intervention ». Les élus s’inquiètent ce cette « évolution voulue par le ministère de l’Intérieur ». Ils redoutent même « une évolution de leurs  missions au détriment de la police de proximité ». Les élus invoquent « des risques grandissants de fracture entre la population de certains de nos quartiers et la police qui est pourtant là pour la protéger »

Les deux élus socialistes ont adressé cette lettre au préfet du Val d’Oise suite à la démonstration d’intervention des forces de sécurité publiques et civiles dans le cadre de mouvements de violences urbaines. L’exercice s’est déroulé le 7 octobre dernier à Mirapolis à Cergy. S’accordant sur « l’importance qu’il y a de répondre à des situations particulières et qui nécessitent des réponses adaptées », les deux élus souhaitent par ce courrier rappeler au représentant de l’Etat dans le département quelles sont leurs principales préoccupations en matière de sureté publique.

Dominique Lefebvre et Didier Vaillant expliquent qu’ils sont « extrêmement soucieux des moyens et conditions dont la police nationale et la Justice disposent aujourd’hui dans (leurs) villes pour combattre au quotidien la délinquance ». Les deux élus, dont les villes bénéficient de la présence d’une Unité territoriale de Quartier (renommée dernièrement Brigade Spéciale de Terrain), déclarent notamment s’inquiéter « des risques grandissants de fracture entre la population de certains de nos quartiers et la police qui est pourtant là pour la protéger » Ce sentiment nécessite, selon les élus, la présence d’une police de proximité.

D’autre part, Didier Vaillant et Dominique Lefebvre tiennent à affirmer leur volonté de donner la priorité à une police d’investigation « permettant une identification rapide des délinquants et une lutte efficace contre les atteintes aux personnes et aux biens, contre les réseaux de trafiquants, notamment de stupéfiants, qui sont à l’origine de bien des difficultés rencontrées, comme au trafic d’armes à feu qui conduit aux phénomènes de violence que nous subissons dans certains quartiers »

Les deux maires s’inquiètent  de « la rapidité et de l’efficacité de la réponse pénale apportée en particulier aux mineurs délinquants, multirécidivistes ou non, et des conditions de leur prise en charge ». Les élus déplorent à ce sujet le manque de place dans les centres éducatifs fermés "qui conduisent à maintenir dans nos quartiers la présence de jeunes mineurs dont la prise en charge n’est pas assurée ».

Enfin les deux maires estiment que pour combattre les actes de délinquance et de violences urbaines, l’Etat doit s’engager « dans les opérations de renouvellement urbain, dans la recherche d’un meilleur équilibre social dans nos villes et dans les moyens éducatifs et sociaux permettant de lutter contre des phénomènes de désagrégation sociale qui expliquent pour une part importante la montée des phénomènes de délinquance et de violences dans nos villes ». 

Et Didier Vaillant et Dominique Lefebvre de s’inquiéter de la hauteur des financements de l’Etat à venir pour les actions de prévention des associations « qui conduisent un travail essentiel pour la cohésion sociale dans nos villes ».