Si la situation a été moins lourde de conséquences que dans les Yvelines ou l’Essonne, où des automobilistes se sont retrouvés piégés dans leur voiture, des usagers de la route en Val-d’Oise ont peiné à rentrer à leur domicile. Un journaliste de VOnews nous raconte ses 5 heures au volant. Parti à 18h de Cergy, il est arrivé à 23h chez lui à Survilliers, près de Roissy.

 « Quelle galère ! ». Ces deux mots résument bien mon sentiment ainsi que celui des autres naufragés de la route bloqués autour de moi. Mercredi soir, il fallait être d’une patience à toute épreuve pour circuler en voiture sur le réseau francilien. Pour ma part, il m’aura fallu 5 heures pour atteindre la commune de Survilliers à l’est du Val d’Oise, depuis Cergy. 

A partir du centre commercial des 3 Fontaines, pour rejoindre l’A15, plus moyen d’avancer. Une interminable file de voitures s’étend à perte de vue. A partir de ce moment, le cauchemar commence pour tous les automobilistes impuissants face à l’ampleur de la situation. Au milieu du flot de véhicules paralysés, parcourir quelques mètres transformait l’automobiliste en esargot. Il fallait attendre 15 à 20 minutes pour parcourir 200 mètres si vous souhaitiez suivre la sortie située au niveau du centre commercial « Art de vivre » pour rejoindre la Francilienne, les travaux n’arrangeant bien entendu pas la situation.

Saint-Ouen-l’Aumône, le chaos

Si sortir de Cergy fut difficile, que dire de la situation entre Saint-Ouen-L’aumône et la forêt de Montmorency. Il est déjà 20h passé et cela fait plus de deux heures que je circule pare choc contre pare choc. Sur le bord de la route, des voitures à l’abandon, d’autres en panne et des camions à l’arrêt. Des  véhicules prioritaires  tentent de se frayer un chemin. Quelques téméraires tentent des dépassements  mais rentrent vite dans le rang après avoir manqué de peu l’accident en raison de la glace qui a pris le dessus sur la neige. Une saleuse essaie bien de remonter la file des voitures, mais son gabarit l’empêche de progresser rapidement au milieu des véhicules immobiles et surtout des camions qui n’ont pas pu respecter l’interdiction faute de lieu de stationnement. Dans les voitures, on tente de s’occuper comme on peut. Musique, téléphone, tout est bon pour passer le temps. Les automobilistes sont relativement disciplinés, pas de coup de klaxon. Tout le monde est résigné à attendre tranquillement une amélioration.

Sortie l’Isle Adam, la délivrance… ou presque

Après deux longues heures de plus à attendre assis, la situation devient un peu plus pénible encore. J’ai faim, et surtout je commence à fatiguer. J’ai mal au dos et aux articulations. Dehors il fait de plus en plus froid. La température qui s’était jusqu’ici maintenue au dessus de 0° en raison de la chaleur dégagée par les voitures a fini par passer dans la zone négative. Je commence à me demander si je ne vais pas dormir sur place.

Après avoir longuement patienté dans la forêt de Montmorency, les automobilistes se rendant vers le rond point de la croix verte on enfin pu se délivrer des bouchons au profit de la sortie d’un grand nombre de voitures quittant la Francilienne. Le trafic très largement fluidifié, la circulation devient plus simple. On circule maintenant autour de 70 km/h en prenant bien garde à conserver ses distances de sécurité. Le givre recouvrant la chaussée, il est prudent de ne pas rouler trop rapidement. Au final, pour parcourir les 15 kilomètres qui séparent cette sortie de celle de Marly-la-Ville, il m’aura fallu à peine 30 minutes.


Je me sens près du but… mais le réseau secondaire freine mes espoirs

 Arrive enfin le moment de sortir de la Francilienne pour parcourir les derniers kilomètres qui me séparent de ma destination. Cette fois la route est déserte. Et pour cause, la chaussée est totalement gelée. Les saleuses n’ont pas encore pu sécuriser les petites routes. Au dessus de 30 km/h, c’est le tête à queue assuré. Je reste plus que jamais concentré, malgré la fatigue et la faim qui se font davantage ressentir. Il est 22 h. La progression est très lente, et même à vitesse très réduite, il n’est pas rare de glisser de gauche à droite. Les ronds-points et descentes sont autant d’obstacles qu’il faut aborder avec la plus grande attention. Malgré l’heure tardive, je me dis qu’il vaut ne pas être trop pressé de rentrer. En ville, la situation est similaire, à la différence que l’éclairage urbain aide beaucoup à repérer les zones de verglas. 23h, enfin arrivé après un périple de 5 heures, « quelle aventure ». Je me précipite sur le réfrigérateur et je mange au plus près d’un radiateur… tout en regardant la télévision les images de vrais naufragés de la route qui vont domir dans leur véhicule.