Deux constats s’imposent à la lecture de l’étude de L’OMI (l’Observatoire du Management Immobilier créé et dirigé par Ingrid Nappi-Choulet, professeur à l’ESSEC) : la fonction immobilière est  en plein essor dans l’entreprise et il existe un impact du Grenelle de l’Environnement sur les directions immobilières des entreprises.
 
Selon Ingrid Nappi-Choulet, professeur à l’ESSEC qui a mis en place l’Observatoire, on assiste à une vraie révolution managériale : la plupart des entreprises ont aujourd’hui mis en place une direction immobilière – ce qui est le cas pour les 2/3 des entreprises cotées. Peu développée il y a encore 5 ans, la fonction immobilière se généralise dans l’entreprise, alors que le Grenelle de l’Environnement et les nouvelles réglementations techniques deviennent de plus en plus contraignants. La politique immobilière des grandes entreprises est clairement affichée : 90 % des entreprises ont aujourd’hui ou prévoient à très court terme un schéma directeur immobilier avec des outils de gestion de leur parc immobilier d’exploitation et des diagnostics techniques des bâtiments, qu’elles partagent à 60 % avec le Comex.
 
La moitié des répondants à l’enquête ont une direction immobilière d’au moins 4 personnes. Mais si l’on regarde la moyenne, on peut aller jusqu’à 80 personnes. Cependant, certaines grandes entreprises, notamment dans le secteur des activités financières, gèrent des parcs immobiliers d’exploitation de plusieurs millions de m² en France avec des directions immobilières de plus d’une centaine de personnes. De façon générale, on constate depuis ces trois dernières années un accroissement de la taille de la direction immobilière pour un tiers des entreprises, et pour 45 % d’entre elles, la taille de leur direction immobilière est restée stable !
 
Contrairement aux idées reçues, les entreprises sont encore majoritairement propriétaires de leur siège social, à 52% dans notre enquête, même si l’on constate que les entreprises cotées le sont moins (44 %).
 
L’impact du Grenelle de l’Environnement sur les directions immobilières des entreprises :
 
Selon Ingrid Nappi-Choulet, le Grenelle de l’Environnement, dont un des objectifs est de réduire la consommation énergétique du parc immobilier de 38 % d’ici 2020 (le « facteur 2 »), semble avoir pour l’instant peu modifié la stratégie immobilière des entreprises : c’est ce qu’affirment plus de 55 % des directeurs immobiliers. Les seuls pour le moment à prendre en compte la réglementation liée au Grenelle sont les entreprises cotées (à près de 70 % d’entre elles dans notre échantillon). La démarche environnementale est une démarche volontaire de préservation de l’environnement et de prise en compte dans la réflexion stratégique des entreprises des méthodes et outils lui permettant de réduire ses impacts sur l’environnement.
 
Ainsi, moins d’un tiers des entreprises ont engagé une démarche de certification-exploitation de leur immobilier d’exploitation, et 13 % d’entre elles seulement ont mis en place des baux verts. On en est au tout début. Mais il est fort à parier que nous assisterons également à une nouvelle révolution managériale dans les prochaines années. D’ailleurs, la fonction s’organise et se développe à grande vitesse et plus 90 % des entreprises ont aujourd’hui ou prévoient à très court terme un schéma directeur immobilier avec des outils de gestion de leur parc immobilier d’exploitation et des diagnostics techniques des bâtiments, qu’elles partagent à 60 % avec le Comex.
 
La mise aux normes du parc existant d’immobilier d’entreprise devient une problématique majeure de la fonction immobilière, notamment dans le cadre de la RT2012 qui sera mise en place très prochainement, l’idée est de ramener la performance moyenne du parc à 155 kWh/m²/an  dans 10 ans et à 50 kWh/m²/an d’ici 2050. On en est loin pour le moment : 40 % des répondants n’ont encore aucune idée de la consommation moyenne de leur siège social et pour les autres, la moyenne observée est de 268 KWh/m² par an, la médiane de 250. Elle varie selon le secteur d’activité et la taille du siège social. Il est intéressant de remarquer que la médiane est plus faible pour les entreprises propriétaires de leur siège social (195 kWh/m²/an) que pour celles qui sont locataires (220 kWh/m²/an). De là à relancer la problématique des externalisations immobilières, il n’y a qu’un pas !
 
L’enquête complète est disponible sur http://omi.essec.edu.