Le musée Camille Pissarro de Pontoise accueillera du 27 mars au 3 juillet l’exposition « Impressions gravées », par l’artiste du même nom. 

Sur l’œuvre gravé de Pissarro qui compte quelques 194 estampes – non compris les monotypes -, une bonne moitié a été réalisée durant la période pontoisienne de l’artiste. C’est à l’aube des années 1860 que Pissarro grave ses premières planches. Celles-ci – une demie douzaine entre 1863 et 1867 – qui reflètent l’influence de Corot, sont des eaux-fortes simples, réalisées à la pointe par un système classique de hachures.

Il faut attendre ensuite, 1873 pour retrouver des estampes dans l’œuvre de Pissarro. C’est l’installation par le Dr. Gachet – lui-même graveur sous le nom de Paul van Ryssel  – d’un atelier et d’une presse dans sa maison d’Auvers qui donne ainsi le prétexte à ces retrouvailles. Pissarro grave alors en compagnie de Guillaumin et de Cézanne des eaux-fortes que l’on pourrait se plaire à croire avoir été faites sur le motif.

Ces croquis utilisent des compositions, bien connues des artistes, qui les ont jetées sur le zinc sans avoir à trop prendre le temps d’en rechercher le thème, se concentrant uniquement sur la rapidité de leur exécution. Les coteaux à Pontoise, le Paysage avec pommiers, la péniche de L’Oise à Pontoise, sont effectivement des archétypes de compositions pour Pissarro.
 
Pissarro retrouve avec une nouvelle approche, la gravure qui occupera désormais une place centrale dans sa création. Après une très courte interruption entre 1876 et 1878, il reprend la gravure avec un esprit plus expérimental. C’est l’époque où il va entreprendre sa fructueuse collaboration avec Degas. Pissarro est peut-être celui qui profite le plus dans un premier temps de l’expérience de l’autre car Degas a une légère avance en la matière et possède par ailleurs sa propre presse. Degas initiera Pissarro aux possibilités offertes par les encrages libres allant jusqu’à tirer en couleur quelques-unes des planches de Pissarro. Les deux artistes décident alors d’associer autour d’un projet de revue, Le Jour et la Nuit, Mary Cassatt, qui sera avec Pissarro et Degas, l’une des grandes figures de l’estampe impressionniste, mais aussi d’autres graveurs réputés aux marges de l’Impressionnisme comme Félix Bracquemond ou Henri Guérard. Ce projet de revue, après avoir recueilli un accueil enthousiaste, ne se concrétisera pas. Mais pour Pissarro cela aura été une expérience enrichissante et il va désormais faire de la gravure un outil d’expérimentation au point que certaines ses compositions seront étudiées dans cette technique qui permet d’obtenir des valeurs beaucoup plus picturales que n’en peut offrir le dessin et qui, surtout, par la multiplication des états, permet de conserver d’une même composition, diverses variantes. Pour un peintre impressionniste animé par une recherche sur la lumière, la possibilité de multiplier et de conserver les diverses variantes d’un même motif, sera une découverte extraordinaire. Par la gravure Pissarro poursuit et parfois devance ses recherches dans d’autres techniques. La gravure se révèle ainsi pour l’artiste un laboratoire expérimental, ce qu’il appellera ses “impressions gravées”.

Le musée Camille Pissarro a constitué en une trentaine d’années, un bel ensemble d’eaux-fortes originales du maître.

Musée Camille Pissarro
17 rue du Château – 95300 Pontoise
Ouvert du mercredi au dimanche
de 14h à 18h.
Entrée libre

Tél. 01 30 38 02 40
museetavet@ville-pontoise.fr