« Cavaillon : Les cultivateurs en colère déversent des tonnes de melons dans les rues » voilà ce qu’on peut lire sur le mail, accompagné d’une photo présentant des musulmans en train de prier dans la rue, envoyé de l’adresse électronique professionnelle d’un agent de la mairie d’Herblay. « Cet agent a présenté ses excuses et a été puni pour faute lourde dès que nous avons été informé », indique la municipalité.  Daté du 3 février, ce courrier a été imprimé le jour même avant d’être affiché dans certains lieux de la ville le 12 mars, s’invitant ainsi dans la campagne électorale des cantonales. Dans un communiqué, Patrick Barbe, maire UMP d’Herblay et candidat à sa propre succession sur le canton, se dit « totalement solidaire de la population – musulmane ou autre – qui a pu être choquée » par ce mail. Pour le conseiller général sortant, « il apparaît évident l’on voulait nuire à l’image des services de la ville d’Herblay et au-delà à son maire. »

 La tension monte à Herblay, canton où tout est possible à ce second tour entre l’UMP Patrick Barbe et la candidate PS, Nelly Léon. A quatre jours du second tour, cette affaire de mail islamophobe a été rendue publique par le collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Pour couper court à toute polémique, la mairie s’est fendue immédiatement d’un communiqué. « Cet agent est déjà suspendu de toutes fonctions depuis une semaine, prévient-elle. Nous n’avons attendu personne pour agir sévèrement. »

Mais l’affaire a déjà fait bruit. Datant du 3 février, ce mail a été affiché à différents endroits de la commune le samedi 12 mars et même distribué dans les boites aux lettres des habitants, une semaine tout juste avant le premier tour des cantonales. Le CCIF, à l’origine de sa révélation au public, indique suivre l’affaire et que « des poursuites devant les tribunaux compétents sont à l’étude dans le cas où les exigences de justice n’auraient pas été satisfaites. »

Patrick Barbe doit lui aussi déposer plainte pour diffamation « car la ville d’Herblay ne peut en aucun cas être associée aux termes et à la photo contenus dans ce mèl. Cela porte atteinte à l’image de la ville et à celle de son personnel. » « Permettez-moi encore une fois de réaffirmer ma totale solidarité avec ceux qui peuvent être atteints dans leurs convictions intimes, insiste-t-il. Le contenu de ce mèl est totalement contraire à mes convictions profondes de respect de toutes croyances religieuses ou opinions politiques. »