Dans le Val-d’Oise, ce n’est pas un élu UMP mais un non inscrit qui présidera désormais aux destinées du département qui a basculé dimanche de gauche à droite : Arnaud Bazin était jusqu’à présent le président du groupe d’opposition au Conseil général. Maire de Persan, vétérinaire de profession, il doit être élu jeudi matin à la tête du Conseil général du Val-d’Oise. L’ancien président, le socialiste Didier Arnal, prend la tête de l’opposition. 

 Séance publique du Conseil général exceptionnelle jeudi matin à 9 h 30 avec un ordre du jour tout aussi exceptionnel puisqu’il s’agira d’élire, après le second tour des élections cantonales de dimanche dernier, le nouveau Président de l’assemblée départementale. Son nom est déjà connu. Le groupe de la droite au Conseil général, l’UVO, n’en fait pas mystère. L’information est en bonne place sur son site internet. « Cette réunion aura pour les élus du groupe « Union pour le Val d’Oise » un attrait particulier au motif que nous allons désigner Arnaud Bazin pour présider le Conseil général et qu’elle nous donnera officiellement la responsabilité de l‘exécutif », peut-on lire sur UVO.fr.

L’élection d’Arnaud Bazin ne faisait pas de doute, même si le député maire UMP de Sannois a jeté le trouble en déclarant sur VOtv que « pour le symbole » le nouveau président pourrait être Georges Mothron qui a remporté, dimanche soir, le canton le plus à gauche du Val-d’Oise, celui d’Argenteuil Nord.

Dès dimanche soir, des conseillers généraux de l’UVO (François Scellier, Luc Strehaiano, Gérard Seimbille) rappelaient « le choix naturel » d’Arnaud Bazin qui pendant les trois dernières années a piloté le groupe d’opposition. Pour officialiser ce choix, les élus de l’UVO ont participé lundi à un vote. Ils ont choisi de renouveler leur confiance à leur leader, par dix huit voix contre trois. Un vote à bulletin secret.

 
 Jeudi matin, le nouvel exécutif sera également connu. A gauche, on s’organise aussi. Mardi, les socialistes ont décidé « à l’unanimité », précisent-ils dans un communiqué, de porter à la tête de leur groupe Didier Arnal, l’ancien président du Conseil général du Val-d’Oise. "La Gauche doit tirer des leçons de son échec et, rassemblée, aller de l’avant, guidée par l’intérêt des Valdoisiens", déclare le conseiller général de Sarcelles Sud-Ouest.

Les socialistes, qui reconnaissent avoir perdu sur « des querelles locales » montrent aussi du doigt le « découpage électoral qui favorise outrageusement la droite et constitue pour la gauche un handicap majeur lors des élections départementales ».

Dans un communiqué, le premier secrétaire fédéral affirme que « le 27 mars 2011, la gauche est arrivée en tête du second tour des élections cantonales avec 56 588 voix (50,13% des suffrages), loin devant la droite qui ne réunit que 46 206 voix (40,94% des suffrages) (…) Pour autant, avec 21 sièges sur 39, la droite dispose d’une majorité de 3  sièges au sein de l’Assemblée départementale », constate Dominique Lefebvre pour qui « la nouvelle majorité départementale, minoritaire en voix dans le département, devra tenir compte de cette réalité politique du Val d’Oise où la gauche avait déjà lors du 2ème tour des élections régionales de mars 2010 réuni 57% des suffrages ».