Le maire PS de Saint-Ouen-l’Aumône, Alain Richard, se montre plutôt sceptique quant à la réalisation d’une nouvelle forêt dans la plaine de Pierrelaye, la commune voisine. S’il reconnaît que l’intention est louable, l’élu prévient : « il y a un travail énorme, et de très sérieux obstacles à surmonter. »

 L’annonce date du 6 avril dernier, à la sortie du Conseil des ministres. Maurice Leroy avait alors annoncé la création, dans le cadre du Grand Paris, d’une nouvelle forêt de 1 000 hectares sur la plaine de Pierrelaye-Bessancourt. S’il indique avoir « enregistrer avec intérêt » cette communication du gouvernement, Alain Richard veut être « lucide ». « C’est une demi bonne nouvelle », affirme l’ancien ministre de la Défense qui liste une série d’obstacle à « surmonter ». « Plus de 1500 hectares à acquérir pour en maîtriser l’utilisation, des vérifications de sécurité environnementale en profondeur, un défi technique pour créer un boisement adapté au milieu, une conception à inventer de forêt ouverte au public, énumère-t-il. Il y a besoin d’un engagement marqué de l’Etat et de ses services compétents, avec une contribution suffisante aux dizaines de millions d’euros nécessaires pour mener à bien ce projet à l’échelle de la décennie. »

Le maire socialiste de Saint-Ouen-l’Aumône, ville limitrophe de la future forêt, note que « la communication du gouvernement n’en dit rien, et ce n’est pas par inadvertance. » « Il y a une tentative de « tirer la couverture » en s’appropriant le mérite de l’annonce et en laissant toute la charge aux collectivités locales, région, département et communes, poursuit-il. Nous tous qui portons ce projet, nous savons que ce n’est pas possible, même avec l’appui appréciable du préfet et de ses services. »

En guise de conclusion, Alain Richard estime que cette annonce n’aura de sens qu’avec « une participation consistante des ministères intéressés » et lorsque le gouvernement aura « engagé un contact partenarial avec tous les élus locaux directement impliqués dans le travail sur la nouvelle forêt ». Alors « la vraie bonne nouvelle sera ce jour-là » finit-il.