Le 17 juin 2003, le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière ordonnait l’interpellation de près de 170 personnes à Auvers-sur-Oise, tous membres de l’Organisation des moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI). Ces opposants au régime iranien des Mollahs, dont le siège est installé dans le Val-d’Oise à Auvers-sur-Oise, criaient depuis leur innocence. Le nouveau juge, en charge du dossier, vient d’abandonner les poursuites terroristes. Pour fêter l’événement, les Moudjahidines annoncent une grande fête samedi soir, dès 17 h, à Auvers-sur-Oise.

 Les Moujahidines d’Auvers-sur-Oise étaient poursuivis pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Le 17 juin 2003, après une vaste opération de police conduite au petit matin, vingt-quatre personnes étaient mises en examen dont la figure emblématique du mouvement Maryam Radjavi, l’épouse de Massoud Radjavi, le leader de ce mouvement d’opposition au régime de Téhéran. Le siège du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), coalition au sein de laquelle figure l’OMPI, est installé à Auvers-sur-Oise.
 
Suite à ces arrestations, des membres de l’OMPI s’étaient immolés notamment à Londres. Au terme de la garde à vue, Maryam Radjavi et plusieurs membres de l’OMPI avaient été placés en détention provisoire avant d’être remis en liberté par la cour d’appel de Paris.
 
Le juge Marc Trévidic, qui a succédé au juge Bruguière, a donc prononcé un non lieu. Neuf personnes restent cependant encore poursuivies dans ce dossier pour des délits financiers en lien avec une association, Iran Aide, proche de l’OMPI et chargée de collecter des fonds. Le parquet de Paris avait pris des réquisitions écrites de non-lieu en faveur des personnes poursuivies pour les faits terroristes, a-t-on expliqué de sources judiciaires.
 
L’Union européenne a retiré en 2009 l’OMPI de la liste des organisations terroristes. Un choix contesté jusqu’à présent par la France. Alors ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy avait justifié l’opération à l’Assemblée nationale en assurant que les Moudjahidines voulaient faire de la France leur base arrière. L’OMPI reste toujours aujourd’hui sur la liste noire américaine.
 
L’avocat des Moujahidines Me Bourdon rappelle que "dès le début, nous n’avons cessé de dénoncer l’absence de preuve et le fait que l’opération d’Auvers-sur-Oise était le résultat d’un marchandage politique avec le régime des mollahs iraniens"
 
L’avocat estime que l’ordonnance de non-lieu est "sans précédent s’agissant de la justice antiterroriste". Et d’assurer : "Elle se fonde notamment sur le droit légitime de résister à l’oppression. Ce qui fait de nos clients un mouvement d’opposition parfaitement respectable comme cela a été consacré par toutes les juridictions européennes depuis des années"
 
Fondée en 1965, l’organisation des Moudjahidines a contribué à renverser le régime du Chah en 1979, mais s’est ensuite retournée contre la République islamique. Elle a affirmé en 2001 avoir renoncé à la violence.

Le CNRI, dont la direction est en exil en Europe à Auvers-sur-Oise et Londres, représente la principale force d’opposition extérieure au régime de la République islamique d’Iran.