730 jours après la mort d’Ali Ziri, une synthèse des deux rapports d’autopsie confirme que l’insuffisance cardiaque constatée à l’arrivée du sexagénaire aux urgences d’Argenteuil est « secondaire à un trouble majeur du rythme cardiaque ». Ces examens complémentaires rappellent que des  « manoeuvres d’immobilisation » ainsi que les vomissements à répétition ont entrainé un manque d’oxygène dans les tissus à l’origine du trouble cardiaque. « Le manque de discernement a conduit à des comportements qui n’étaient pas sans conséquence sur l’état de santé de M. Ziri. » conclut ce nouveau rapport.

 Réunis jeudi soir dans les locaux de l’Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) pour décider des événements à organiser pour les deux ans de la mort du retraité algérien, les membres du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri » ont rendu public les conclusions de nouveaux examens complémentaires, datant du 15 avril. « Ces nouveaux éléments confirment que des violences policières sont à l’origine de la mort d’Ali Ziri, chose que les proches et le collectif d’Ali Ziri ont toujours soutenue » affirme aujourd’hui le collectif.

« Des comportements pas sans conséquence sur l’état de santé de M. Ziri »

Dans ce rapport on peut y lire : « la reconstitution des faits et expertises anatomopathologiques permettent d’affirmer que l’inefficacité cardiaque constatée aux urgences du CH d’Argenteuil est secondaire à un trouble majeur du rythme cardiaque, lui même secondaire à un épisode hypoxique en rapport avec les manœuvres d’immobilisation et les vomissements itératifs…le manque de discernement a conduit à des comportements qui n’étaient pas sans conséquence sur l’état de santé de M. Ziri. »

Membres de la famille du défunt ou du collectif, élus, tous ont rappelé hier leur détermination à poursuivre leurs actions. « Nous attendons que la justice fasse son travail, ajoute Arezki Semache, un proche d’Ali Ziri. Les policiers en question n’ont pas été entendus par le juge d’instruction. Ils doivent l’être. Tout est clair maintenant. »

« Notre colère ne pourra s’apaiser que dans la justice »

Le 11 juin 2009, Ali Ziri, 69 ans, est décédé à l’hôpital Victor Dupouy après une interpellation par la police nationale à Argenteuil. A l’époque, le parquet de Pontoise n’a pas souhaité donner suite à cette affaire après une autopsie concluant à un mort due à une insuffisance cardiaque. Deux semaines plus tard, une marche pacifique réunit plus d’un millier de personnes à Argenteuil pour exiger la vérité. Un mois et demi plus tard, l’Institut médico-légal de Paris rend les conclusions d’une nouvelle autopsie. Elle contredit la première et relève l’existence de 27 hématomes, dont certains ont entre 12 et 17cm de longueur. « Ali Ziri est mort suite à un arrêt cardio-circulatoire d’origine hypoxique, généré par suffocation et appui postérieur dorsal », dit le rapport.

En octobre de la même, le parquet de Pontoise délivre un réquisitoire supplétif « contre X » pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Si, en septembre 2010, un nouveau juge d’instruction est désigné, l’enquête piétine jusqu’à ce nouveau rapport datant du 15 avril 2011.

Afin de maintenir la pression et à l’occasion du deuxième anniversaire de la mort d’Ali Ziri, le collectif Vérité et Justice appelle à un rassemblement le 11 juin devant le ministère de la Justice à Paris. D’autres collectifs de familles victimes de violences policières, regroupés autour de VV (Vies Volées), seront présents pour exiger vérité et justice. Un rassemblement a lieu le même jour à 12h sur le lieu de l’interpellation d’Ali Ziri. « Notre colère ne pourra s’apaiser que dans la justice », conclut le collectif.