Chez les socialistes du Val-d’Oise, terre d’élection de Dominique Strauss Kahn, c’est l’incompréhension et la prudence qui dominent après l’accusation d’agression sexuelle et l’arrestation à New York du patron du FMI et favori de la présidentielle de 2012 « Le DSK qui est décrit dans les médias n’est pas celui que je connais », réagit François Pupponi qui a succédé à Dominique Strauss-Kahn en mairie de Sarcelles. « C’est une histoire abracadabrantesque ! », rebondit Dominique Lefebvre, le patron des socialistes du Val-d’Oise. « On ne sait pas quoi penser, ils en parlent comme s’il était déjà condamné », déclare Ali Soumaré, le conseiller régional et responsable de la section PS de Villiers-le-Bel. La responsable du Club DSK dans le Val-d’Oise, la radicale de gauche Laurence Marchand Taillade rappelle « le droit à la présomption d’innocence » avant d’ajouter « si les faits s’avéraient exacts, je ne peux que condamner ce type de comportement ».

Ils ont appris l’information à leur réveil ou en pleine nuit pour ceux qui n’étaient pas encore couchés. Le conseiller régional Ali Soumaré, qui est en déplacement à Cannes pour la Région Ile-de-France, a été informé par un ami qui a reçu un SMS en pleine nuit. « On a consulté sur internet les médias américains. On ne sait pas quoi penser, ils en parlent comme s’il était déjà condamné », réagit l’élu et  responsable de la section PS de Villiers-le-Bel, une ville de la circonscription de l’ancien député DSK. Ali Soumaré, qui a été victime d’accusations pendant la campagne des régionales, attend maintenant d’en savoir davantage. « Je me garde bien d’émettre un point de vue, j’en ai tellement souffert ». Le jeune élu s’inquiète cependant des conséquences immédiates. « C’est un coup sérieux pour les socialistes ». Depuis dimanche matin 7 heures, les appels de militants de sa section de Villiers-le-Bel se multiplient.

Ali Soumaré n’est pas le seul à voir sa messagerie déborder. François Pupponi, le maire de Sarcelles, entre deux coups de fil, répond aussi aux interpellations dans la rue de ses habitants qui connaissent bien Dominique Strauss Khan pour l’avoir côtoyé comme maire et député. « Ici, les gens me disent que c’est un coup monté. C’est trop gros ! », réagit François Pupponi qui a succédé à Dominique Strauss-Kahn à la mairie et à l’assemblée nationale. « Le DSK qui est décrit dans les médias n’est pas celui que je connais. On demande à tout le monde d’être extrêmement prudent ». Un discours partagé par le patron de la fédération PS du Val-d’Oise. « Pour pouvoir réagir, il faut disposer de davantage d’informations. A ce stade, tant que les avocats de DSK et Dominique Strauss Kahn lui même ne s’expriment pas, on ne peut rien dire. C’est une histoire abracadabrantesque ! », réagit Dominique Lefebvre qui a appris la nouvelle à son réveil par la radio. Depuis, lui aussi, a reçu « beaucoup de coups  de fil de militants ».

En dehors du PS, les soutiens de la première heure à une candidature Strauss-Kahn à la présidentielle de 2012 sont également sous le coup de la nouvelle. Laurence Marchand-Taillade a lancé en décembre dernier le Club DSK Val-d’Oise. Membre du parti radical de gauche, elle rappelle que « en France, on a le droit à la présomption d’innocence qui n’existe pas aux Etats Unis où c’est à l’inculpé de faire la preuve de son innocence ». Et l’ancienne candidate aux cantonales à Herblay, qui avait fait figurer comme un label le logo CLUB DSK sur ses affiches, de rajouter : « Si les faits s’avéraient exacts, je ne peux que condamner ce type de comportements, notamment en tant que femme. (…) Dans ce cas, personnellement, je ne le soutiendrais plus à la primaire ouverte ni à la présidentielle ». Mais de préciser : « on va laisser faire la justice ».