Si des voix discordantes se font entendre à droite au plan national dans la perspective de la présidentielle de 2012, la division s’organise sur le Val-d’Oise avec pour élément déclencheur les sénatoriales de septembre prochain. Le maire de Franconville (photo) et ancien député UMP annonce ce lundi sa candidature dans l’édition départementale du Parisien alors que son parti a déjà désigné ses représentants pour l’élection, reconduisant notamment le maire d’Ermont et sénateur sortant Hugues Portelli. Autre candidat sur les rangs, le maire et conseiller général de Saint-Prix. Le porte parole national de Debout la République confie y réfléchir  « sérieusement ».

 L’annonce officielle de la candidature du maire de Franconville, en marge de son parti, était attendue dans les rangs de l’UMP. Déjà le 10 mai, dans une lettre ouverte aux membres du Comité Départemental de l’UMP, Francis Delattre s’indignait de la procédure en cours de désignation des candidats aux sénatoriales. L’ancien député s’élevait contre l’état major national de son parti qui refusait un « vote indicatif » des instances départementales « sur toutes les candidatures » comme ce fut le cas voici sept ans.

« "Circuler, il n’y a rien à voir" est un concept d’une autre époque humiliante pour celles et ceux qui ont fait l’UMP dans le Val d’Oise », écrivait Francis Delattre. Il concluait sa lettre en lançant : « cette clarification me permettra pour les semaines à venir d’agir en homme libre et en élu attaché à son Département ». Depuis ce lundi, et l’annonce de sa candidature dans le Parisien suivi dans l’après midi d’une conférence de presse à Garges-lès-Gonesse, Francis Delattre a franchi le Rubicon.

Et ce ne sont pas ses dernières déclarations dans le Parisien qui calmeront le jeu de celui qui refuse d’endosser les habits de diviseur de la droite : « Ils auront du mal à me faire passer pour un dissident! J’ai une légitimité de terrain. La liste de Portelli, telle qu’elle est pressentie, est incapable de faire voter les électeurs de droite authentiques. Elle est conduite par un ancien du PS, suivi par une femme qui a soutenu Bayrou lors de la présidentielle de 2007 (NDLR : la maire de Saint-Gratien, Jacqueline Eustache-Brinio) et un non-inscrit (le président du conseil général, Arnaud Bazin, a été approché par l’UMP). C’est une liste d’opportunité, de centre gauche. Une « liste OGM », génétiquement modifiée, comme disent les jeunes UMP.  Cela ouvre des perspectives à droite… » Francis Delattre croit sérieusement en ses chances. Il estime pouvoir gagner un siège.

Autre candidature qui se dessine à droite, celle du maire de Saint-Prix et conseiller général Jean-Pierre Enjalbert. Il a écrit aux maires du Val-d’Oise pour s’inquiéter de la réforme territoriale. C’est dans le refus d’une « marche forcée » vers l’intercommunalité qu’il situerait sa candidature. « Le pouvoir échappera aux petites et moyennes communes. On ne pèsera plus rien », tempête l’élu, par ailleurs porte parole national de Debout La république. Joint avant l’annonce de candidature de Francis Delattre, le maire de Saint-Prix déclarait réfléchir « sérieusement » à une candidature aux sénatoriales. « Je sais très bien que je n’aurai aucune chance d’être élu, mais il faut que les sénateurs nous entendent sur cette question de l’intercommunalité ». Une candidature de témoignage qui, si elle voyait le jour, pourrait avec celle de Francis Delattre gêner un peu plus la liste Portelli qui, pour l’heure, n’est pas encore bouclée.