La section CGT du bailleur social AB-Habitat sur Argenteuil-Bezons a déposé un préavis de grève pour ce mardi, dans le cadre d’une action nationale visant à revendiquer une hausse des salaires. Par cette grève, le syndicat veut aussi dénoncer une « chasse aux sorcières » que subissent les représentants du personnel et les salariés ayant participé au précédent conflit.

 Il y a deux mois, un premier conflit avait éclaté au sein de la structure présidée par Philippe Doucet, maire d’Argenteuil. Les syndicalistes dénonçaient alors les salaires précaires dans l’office publique. Aujourd’hui des négociations sont en cours, un accord est même possible. Néanmoins, la CGT d’AB Habitat dénonce un climat pesant de la part des cadres et des dirigeants vis-à-vis des salariés grévistes et des représentants des personnels.

« Des mutations arbitraires, des menaces et insultes de la part de cadres avec une attitude complaisante de la direction, avec ses conséquences sur la dégradation des conditions de travail et la qualité du service rendu aux locataires », détaille le syndicat. « Cela constitue une atteinte à la liberté d’expression et au droit social, ajoute-t-il. Pour les agents ciblés cela constitue une atteinte à leur dignité avec toutes les conséquences sur leur vie professionnelle et familiale. »

La CGT a tiré la sonnette d’alarme auprès de Philippe Doucet, le président d’AB Habitat, du climat de « chasse aux sorcières » qui pèse sur les salariés. Ce dernier n’aurait donné aucune réponse. Le syndicat l’accuse donc de fermer les yeux sur cette ambiance délétère au sein de son office. Sur cette question, la direction indique avoir des contacts réguliers avec le syndicat et se dit surpris de la situation. Si Philippe Reve, directeur général d’AB Habitat, reste vague sur la pression que subiraient les salariés ayant pris part au conflit, il estime que la CGT est dans son droit d’annoncer une grève mais pense « qu’il ne faut pas s’arrêter au seul sujet des réorganisations. »

Le syndicat annonce donc un nouveau conflit qui pourrait durer. Des actions sont menées actuellement dans l’intercommunalité par des campagnes d’affichage dénonçant l’utilisation de « ces méthodes indignes d’un autre temps. » Ce jour, la CGT organisera une assemblée générale du personnel « qui décidera des modalités d’action face au mépris de M. Doucet et de sa direction. » Après un barbecue de solidarité au déjeuner, les grévistes « développeront des initiatives pour interpeller M. Doucet afin qu’il stoppe ce type de méthode qui porte atteinte à la dignité des personnels. »