C’est du jamais vu dans le Val d’Oise. Pour les sénatoriales, l’UMP soutient deux listes. Le parti présidentiel n’a pas voulu choisir entre la liste conduite par l’actuel sénateur Hugues Portelli et celle portée  par le maire de Franconville, Francis Delattre. Ainsi en a décidé la commission nationale d’investiture de l’UMP réunie lundi. Si Francis Delattre salue ce choix qui « consacre le retour des élus de caractère qui ont démontré sur le terrain leur capacité à mobiliser et à se battre pour écarter la mainmise du PS sur le Sénat », le sénateur maire d’Ermont juge ce choix « pas sérieux ». Avant d’ajouter : « Je n’ai pas d’inquiétude. Les grands électeurs sauront distinguer ceux qui travaillent et ceux qui cherchent des postes. »

 La division était jusqu’à présent palpable à droite dans le Val d’Oise à l’approche des élections sénatoriales. Elle est maintenant officielle. Réunie hier soir, la commission nationale d’investiture de l’UMP l’a même organisée en adoubant une deuxième liste: celle du maire de Fanconville.

Francis Delattre est donc autorisée à affronter la liste du sénateur sortant Hugues Portelli. Une première dans le Val d’Oise qui laisse quasiment sans mots le patron de l’UMP 95. Axel Poniatowski se refuse pour l’instant à prendre position. Dans un communiqué, le député-maire de L’Isle-Adam appelle juste les grands électeurs « à se mobiliser pour soutenir l’une ou l’autre liste. » « A titre personnel, je ferai part de mon choix de vote le moment venu » ajoute-t-il.

L’investiture accordée à Francis Delattre est contestée par Hugues Portelli, sénateur sortant, qui n’ose encore y croire. « C’était assez confus à ce qu’on m’a dit, réagit l’élu. Ce n’est pas Jean-Claude Gaudin qui présidait la commission mais Brice Hortefeux. » Le maire d’Ermont ne compte pas en rester là. « J’en rediscuterai ce soir lors d’une réunion de travail avec Jean-Claude Gaudin et Gérard Larcher. Ce n’est pas sérieux de présenter deux listes surtout une dont le leader (Francis Delattre, ndlr) passe son temps à cracher sur Gérard Larcher et Jean-Claude Gaudin. »

Faire barrage à une autre liste de centristes ou non inscrits

Pour Francis Delattre, l’investiture de cette deuxième liste devrait permettre d’« écarter la mainmise du PS sur le Sénat ». Le maire de Franconville n’y voit pas là un risque pour l’UMP. « La complémentarité avec une éventuelle autre liste est parfaitement lisible dans les valeurs que nous défendons et peut s’avérer une stratégie efficace dans le Val-d’Oise », détaille-t-il. Un argument repris par sa colistière, la conseillère régionale Stéphanie Von Euw. « On obtiendra de toute façon deux sièges sur une liste ou un siège sur les deux, explique-t-elle. Et pourquoi pas trois sièges, ces listes sont complémentaires. » Pour l’élue pontoisienne, avec cette investiture supplémentaire, le choix de l’UMP est clair : « faire barrage à une autre liste » de centristes ou non inscrits. Tout le monde ne partage pas ce point de vue dans le parti présidentiel. « Avec deux listes, on va finir avec un siège », se désole un élu.

« Ca, c’est la politique ! »

« A chaque sénatoriales c’est la même chose, regrette Hugues Portelli. Il y a des gens qui cherchent à se placer. Tant que le Sénat ne sera pas élu au suffrage universel, ça sera comme ça. » Le sénateur sortant note que sur la liste concurrente « il y a deux candidats (Stéphanie Von Euw et Maurice Lefèvre, ndlr) qui ont perdu leur élection aux dernières cantonales. »

« Habituée aux combats loyaux », la numéro deux de la liste Portelli, Jacqueline Eustache-Brinio, la maire de Saint Gratien, est optimiste. « Nous allons faire le travail que nous avions prévu. Nous allons nous battre et la liste, soutenue par Gérard Larcher lui même, que nous présentons va l’emporter. Monsieur Delattre voulait absolument se présenter. C’est sa responsabilité. »