Alors que le député maire (UMP) de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), Didier Gonzales, a proposé un texte de loi visant à compléter le projet du Grand Paris en prenant compte des enjeux de la desserte aérienne, les réactions n’ont pas tardé à fuser. Le texte prévoit notamment la réduction au maximum des nuisances dans les parties urbanisées du territoire francilien par la délocalisation de l’aéroport d’Orly. Une solution qui, selon l’élu, soulagerait également Roissy Charles de Gaulle. Applaudi par un collectif d’associations de riverains d’aéroports, ce projet n’est pas du tout du goût du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Val d’Oise. 

 Et si le bien être des riverains survolés par les avions en provenance ou à destination de l’aéroport de Roissy passait par la délocalisation d’Orly. C’est en tout cas la thèse de Didier Gonzales. Le député-maire de Villeneuve-le-Roi, soutenu par 60 députés, a proposé une loi visant à réduire au maximum des nuisances dans les parties urbanisées du territoire francilien. Une proposition qui suscite à la fois l’enthousiasme de l’Union Française Contre les Nuisances des Aéronefs (UFCNA) et le tollé de la Chambre de commerce et d’industrie de Versailles Val-d’Oise/Yvelines (CCIV). Pour appuyer sa proposition, le député explique que « d’ici 2020, la direction générale de l’aviation civile prévoit un taux de croissance de l’ordre de 3,5 % ». D’où la nécessité selon lui de déplacer le trafic de l’aéroport d’Orly, plafonné à 200 000 mouvements et soumis à un couvre-feu la nuit. Enterrée par le Grenelle de l’Environnement, la possibilité d’un troisième aéroport francilien n’est pas abordée dans cette proposition au profit d’un aéroport de substitution. En revanche, le doute persiste quant à sa localisation qui pourrait même ne pas se situer en Ile-de-France.
 
L’UFCNA vote une motion en faveur du texte

Pour les 75 associations de l’Union Française Contre les Nuisances des Aéronefs, cette idée est accueillie avec enthousiasme. Lors de son dernier conseil d’administration, le 18 juin dernier, elle a décidé de voter une motion pour le soutien de la proposition de loi du député Didier Gonzales. Le collectif y voit l’opportunité de réduire fortement les nuisances aériennes en Ile-de-France, région dix fois plus dense que le reste du territoire, qui concentre 60 % du trafic national. Pour Roissy, l’UFCNA espère aboutir parallèlement à un couvre-feu de 8 heures consécutives et le plafonnement en nombre de mouvements à un niveau « permettant de réduire de façon tangible les nuisances actuelles » pour les riverains concernés par les vols de nuit autour des aéroports de Roissy mais aussi du Bourget, situé à 60% sur le territoire valdoisien. Autre condition du soutien des associations, « que le trafic ne soit pas reporté sur les grands aéroports régionaux ». L’Union Française Contre les Nuisances des Aéronefs rappelle que 2,7 millions de personnes sont survolées à moins de 3000 mètres par le trafic des deux principales plates-formes franciliennes.
 
Un projet « irresponsable »

La proposition du député Didier Gonzales a également suscité de nombreuses levées de bouclier. Si le président (PCF) du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier, a critiqué un projet « irresponsable » mettant en péril 173 000 emplois liés indirectement à Orly, celui de la chambre de commerce et d’industrie de Versailles Val-d’Oise/Yvelines (CCIV) n’a pas tardé à s’insurger à son tour. Yves Fouchet critique une démarche qui, selon lui, « mettrait en péril le développement économique du sud de la région parisienne, en un mot le Grand Paris ». Jugeant que « les entreprises sont déjà pénalisées dans leur accès à la plateforme de Roissy du fait de l’encombrement des voies de communication et du retard considérable dont souffre la Région en matière d’équipement routier et de transports publics », il estime qu’une fermeture d’Orly aggraverait la situation. La proposition du député n’a en plus jamais été abordée lors des concertations sur le Grand Paris, précise la CCIV qui évoque une « totale incohérence de cette proposition, par rapport aux décisions du SDRIF mais également du Grand Paris, résultant d’un compromis entre l’Etat et la Région et visant le développement d’une gare TGV à Orly et une liaison Orly, Massy, Saint-Quentin-en-Yvelines.» Pour le président de la Chambre de commerce et d’industrie, « la fermeture de l’aéroport est loin d’être la seule solution et surtout la plus viable ». Il propose ainsi de « réorganiser et redynamiser la desserte aéroportuaire d’Orly, via l’aviation d’affaire par exemple ».