L’exercice a mobilisé en gare de Persan près de 68 pompiers, 4 équipes du SMUR, 11 policiers et aussi 4 agents de la police municipale et 15 employés de la SNCF. « La ville de Persan est en avance par rapport à d’autres communes. En cas d’accident comme celui-ci, la mairie serait prête à gérer l’après-crise et fournir un habitat, des vivres et toute la logistique nécessaire dans les plus brefs délais à ses habitants », explique Gilles Pietro, directeur de cabinet du préfet du Val d’Oise qui a participé, samedi 5 novembre, à la simulation d’un accident de transport de matières dangereuses par voie ferrée en gare de Persan-Beaumont. Objectif : tester le Plan Communal de Sauvegarde de la ville. Reportage.

Le scénario avait de quoi donner des frissons aux autorités publiques. C’est en passant sous un pont qu’un convoi de fret, qui circulait en direction de la gare de Persan, a été heurté par un morceau de pierre de la corniche. L’une des citernes du convoi mise à mal par le projectile contenait de l’oxyde d’éthylène, un gaz toxique. C’est le personnel de la SNCF qui a donné l’alerte auprès des autorités lorsque le convoi est arrivé en gare où le gaz se répandait déjà sur les quais. L’évacuation des voyageurs et l’arrêt du trafic ont été immédiats. Heureusement, tout ceci n’était que le scénario mis en place pour simuler un exercice afin d’entrainer toutes les autorités compétentes à faire face à un tel danger s’il venait à se produire dans la réalité.

Cet exercice a mobilisé ce samedi 5 novembre en gare de Persan près de 68 pompiers, 4 équipes du SMUR composée chacune d’un ambulancier, d’un infirmier et d’un médecin, ainsi qu’un camion du SAMU, 11 policiers sur place, 4 agents de la police municipale et 15 employés de la SNCF.

L’alerte a été donnée dès 8h30. Chacune des autorités compétentes s’est alors mise en condition jouant le jeu. Les policiers ont rapidement instauré un périmètre de sécurité avant l’arrivée des pompiers. 500 mètres dans le cas présent.

Philippe Cousin, maire de Persan, est le premier sur les lieux entouré d’agents de la police municipale bientôt relayé à la tête du poste de commandement des opérations par Gilles Pietro, directeur de Cabinet du Préfet.

« Nous pouvons féliciter la commune de Persan qui possède un Plan Communal de Sauvegarde prêt à être appliqué, souligne Gilles Pietro, directeur de cabinet du Préfet du Val d’Oise. La ville de Persan est en avance par rapport à d’autres communes. En cas d’accident comme celui-ci, la mairie serait prête à gérer l’après-crise et fournir un habitat, des vivres et toute la logistique nécessaire dans les plus brefs délais à ses habitants».

Très vite, les pompiers s’occupent des victimes, leur fournissant de l’oxygène et une assistance médicale. Plus loin, la citerne endommagée laisse s’échapper un gaz répandant de la fumée grise en direction de la ville de Champagne-sur-Oise. Les pompiers installent deux rideaux d’eau de part et d’autre de la citerne afin de circonscrire le gaz toxique.

« Ce type d’exercice est rare, explique un pompier. Certains sites nécessitent davantage d’intervention et d’entrainement. Mais c’est toujours positif et cela permet de corriger d’éventuelles erreurs ». Depuis le camion de poste de commandement totalement informatisé et muni d’un satellite, les pompiers supervisent la scène.

« Ce type d’exercice est indispensable, poursuit le Docteur Fabrice Berthenet du SAMU. Mais aujourd’hui, il y a peu de victimes, alors ce sont surtout les pompiers qui sont à l’oeuvre et pas vraiment nos équipes ».

Et si chacun vaque à ses responsabilités avec dextérité, de petits couacs apparaissent. Car les usagers des transports n’ont pas été prévenus. Aucun tract n’est affiché pour signaler la simulation et sur les visages des badauds, on perçoit l’inquiétude. La police bloque les voitures avant de finalement laisser passer les automobilistes à la demande du maire.

« Lors d’accident comme celui-ci, la police est là pour gérer la panique, précise le Commissaire Yann Bessette, chargé de la circonscription de Persan. Mais aussi pour éviter les éventuelles bagarres qui pourraient troubler l’ordre public et ajouter du trouble dans une situation déjà sensible. Un tel exercice est indispensable pour tester notre réaction et travailler avec d’autres équipes de secours».

Bilan de cet accident fictif : 4 victimes légères et aucun civil de blessé. Un exercice réussi et pris au sérieux avec malgré tout une pointe de décontraction.

SUJET A DECOUVRIR EN IMAGES DANS LE JT DE VOtv lundi 7 NOVEMBRE