Les socialistes sont appelés à désigner leurs candidats aux législatives le 1er décembre. Dans la 4e circonscription du Val d’Oise, détenue par l’UMP Claude Bodin, les militants PS devront départager deux candidats : le conseiller régional d’Ile de France et élu d’opposition de St Leu La Forêt Eric Dubertrand et l’ancien vice-président du Conseil général et conseiller municipal de Franconville Gérard Sebaoun. Deux personnalités différentes pour une circonscription acquise de longue date à la droite.

Gérard Sebaoun n’avait pas envisagé se présenter. Il l’assure, "si l’on m’avait dit que l’heure était venue de rentrer à l’écurie, je serai resté chez moi mais des camarades m’ont demandé d’y aller".

L’ancien vice président du Conseil général, battu en mars dernier sur le canton de Franconville, a pris le temps de la décision. "J’ai mûrement réfléchi. Quand on sort d’une double défaite, la perte du canton et du Conseil général, on s’interroge".

C’est finalement "l’appel de camarades" et le désir d’une "confrontation politique sur le bilan de nos adversaires" qui a poussé le conseiller municipal de Franconville à défendre sa candidature devant les militants. "J’ai des qualités ordinaires qui font de moi un bon candidat", estime Gérard Sebaoun évoquant "transparence", "sérénité de l’action" et "convictions".

"Je ne suis pas versatile d’un congrès à un autre. Je suis farouchement de gauche et révolté par l’injustice sociale. J’ai des idées sur la justice, l’éducation et notre modèle économique", déclare celui qui a soutenu Arnaud Montebourg au 1er tour de la primaire avant de voter pour François Hollande.

Gérard Sebaoun, 60 ans, sait qu’il aura à affronter dans la primaire interne le jeune conseiller régional Eric Dubertrand avec un embuscade le thème du renouvellement. "Je suis tranquille et déterminé", lance l’élu qui qualifie son adversaire d’homme "estimable et respectable". L’ancien conseiller général, cardiologue de profession se déclare pour "le mandat unique", histoire de souligner qu’il ne vise pas une carrière politique.

Eric Dubertrand ne savait pas jusqu’à ce mardi si Gérard Sebaoun, candidat aux législatives en 2007, allait décider de réclamer une nouvelle fois la confiance des militants. "Sa candidature est légitime, réagit le conseiller régional d’Ile de France et élu d’opposition à Saint-leu-la-Forêt. On vient de sortir des primaires. On aura une autre occasion de poser les enjeux : quel est le meilleur candidat et la meilleure organisation pour gagner la circonscription et mener ensuite un travail de fond".

A 42 ans, Eric Dubertrand se dit "prêt", mettant en avant son "esprit de rassemblement", "sa détermination" et "sa crédibilité".

"J’ai construit progressivement  mon implantation sur la quatrième circonscription et je crois que mon mandat de conseiller régional est un atout. Mon parcours professionnel aussi", avance celui qui est aujourd’hui directeur de cabinet du président du Conseil général de l’Oise après avoir piloté un groupement d’intérêt économique à l’est du Val d’Oise.

Eric Dubertrand, qui a soutenu dès le premier tour de la primaire François Hollande, souhaite être candidat aux législatives sur la 4e circonscription pour affronter "un candidat UMP (Claude Bodin, ndlr) qui fait partie de cette droite populiste et dure, un député assez symbolique de ce qu’est le sarkozysme".

Les militants socialistes vont devoir départager deux personnalités différentes mais qui s’entendent sur un même constat : la quatrième circonscription sera difficile à conquérir. "Elle est acquise à la droite depuis 1981", rappellent les deux hommes. 

Fin du suspense le 1er décembre au soir avec le vote des quelques 200 militants socialistes de la quatrième circonscription du Val d’Oise.