Dans la sixième circonscription du Val d’Oise où trois candidats à l’investiture UMP sont en lice, ce ne sont pas les militants qui seront appelés à départager les prétendants mais un institut de sondage. "La commission nationale souhaite procéder à un sondage de notoriété", confirme Axel Poniatowski, le patron de l’UMP-95. Le député sortant François Scellier va devoir se plier à la démocratie sondagière comme Luc Strehaiano, le maire de Soisy et président de la CAVAM, et Yanick Paternotte le député de Roissy qui ne cache plus vouloir revenir sur la 6e où il est maire de Sannois. L’idée ne ravit pas les intéressés.

La démocratie sondagière, souvent dénoncée quand les études d’opinion sont défavorables, aurait donc du bon à l’UMP dans la perspective des élections législatives. Le parti présidentiel est confronté à une profusion de candidats sur la sixième circonscription du Val d’Oise qui réunit notamment les villes de Soisy, Enghien, Sannois, Deul-la-Barre et St-Gratien.



Le député sortant François Scellier n’a jamais caché son intention de se représenter. Le septuagénaire, qui se dit "en pleine forme", a pris la précaution de parler de sa candidature à Nicolas Sarkozy lors d’un entretien privé aucours duquel le président ne l’aurait pas dissuadé. "Il m’a même encouragé", souligne l’ancien président du Conseil général.

Le suppléant de François Scellier, le maire de Soisy, estime pour sa part que son heure est venue. "Je considère être légitime sur la circonscription", déclare Luc Strahaiano qui a pris la tête de la communauté de communes de la Vallée de Montmorency, la CAVAM.

Enfin le député UMP de la 9e circonscription, qui englobe les communes autour de Roissy, souhaiterait revenir sur la sixième circonscription moins risquée. Yanick Paternotte, maire de Sannois, s’était déjà présenté contre François Scellier.

Pour départager ces trois candidats, la commission nationale de l’UMP souhaite procéder à un sondage de notoriété. "Le sondage ne sera pas déterminant. Il ne dictera pas quel sera le candidat, mais ce sera une aide à la décision", explique Axel Poniatowski, le patron de l’UMP-95.


ITW Axel Poniatowski legislatives par vonews

L’ initiative intervient après les sénatoriales où l’UMP n’ayant pas voulu choisir entre deux listes en avait finalement labellisé deux. Ce nouvel épisode des investitures surprend les intéressés qui s’interrogent sur les modalités du sondage.

"La réponse dépendra beaucoup de la question. Il y a la notoriété et la confiance que l’on inspire", estime Luc Strehaiano qui se dit "serein au regard du travail accompli" évoquant "la vidéosurveillance sur la Cavam, l’espace nautique La Vague, les actions dans le domaine du logement social et du commerce de proximité". Mais pour l’élu, "le vrai sondage, c’est le premier tour".

François Scellier, lui, n’a pas l’intention de se plier à l’exercice. "Je demande à la commission de revoir sa décision". Le député UMP sortant s’interroge sur les raisons de ce sondage de notoriété alors qu’il est le "candidat naturel" car le sortant. "Je ne vois aucun manquement, pas d’insuffisance professionnelle et je n’ai jamais entendu parler de date de péremption", s’amuse l’élu qui tacle au passage ses concurrents. "Yanick Paternotte voudrait l’investiture dans la 9e et la 6e et mon suppléant Luc Strehaiano ne m’a jamais averti de ses intentions, ce n’est pas très moral".

Pour sa part, pas de réactions de Yanick Paternotte qui n’a pas donné suite à nos appels téléphoniques.

Le sondage de l’UMP, qui doit déboucher sur une décision en décembre, permettra-t-il de réguler le flot de candidatures ? Qu’en est-il du maire d’Enghien-les-Bains, Philippe Sueur, qui après les sénatoriales parlait ouvertement des législatives ? Et si ce trop plein de candidat masculin favorisait finalement une femme au nom de la parité, Jacqueline Eustache Brinio, la maire de Saint-Gratien ?

Dans une circonscription depuis toujours acquise à la droite, le risque est grand pour l’UMP que le sondage voulu par son état major ne se transforme en primaire à droite au premier tour. "L’investiture de décembre n’est pas la candidature de mai", philosophe Luc Strehiaino.