« Cette condamnation à une peine de deux mois d’emprisonnement ferme, compte-tenu des condamnations déjà prononcées, m’a autorisé à qualifier monsieur Soumaré de délinquant multirécidiviste au sens populaire de l’expression alors que le qualificatif exact est réitérant », déclare le maire de Saint-Leu-la-Forêt, Sébastien Meurant, dans l’attente d’une décision de justice pour diffamation envers Ali Soumaré. L’élu UMP fustige aussi la presse et l’attitude du PS.

  La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris rendra sa décision le 10 janvier prochain et le tribunal de Pontoise la sienne dans les prochains jours dans l’affaire opposant Ali Soumaré aux deux élus UMP Francis Delattre, sénateur-maire de Franconville et Sébastien Meurant, maire de Saint-Leu-La-Forêt. Passible d’une condamnation en diffamation et d’une autre pour violation de la présomption d’innocence et violation du secret professionnel, Sébastien Meurant a pourtant tenu à contre-attaquer. « Toute vérité n’est pas bonne à dire », déplore-t-il dans un communiqué.

Un délinquant multirécidiviste « au sens populaire de l’expression »

Sébastien Meurant revient sur les raisons de ses accusations. Il affirme que le casier judiciaire d’Ali Soumaré « n’est pas vierge », contrairement aux propos des médias. « Ai-je mal agi en rendant publique le 19 février 2010 une condamnation infligée au nom du peuple français par le tribunal correctionnel de Pontoise le 13 octobre 2009 » demande l’élu. Il se justifie ensuite en expliquant qu’il a fait erreur sur le qualificatif juridique pour désigner le conseiller régional. « Cette condamnation à une peine de deux mois d’emprisonnement ferme, compte-tenu des condamnations déjà prononcées, m’a autorisé à qualifier monsieur Soumaré de délinquant multirécidiviste au sens populaire de l’expression alors que le qualificatif exact est réitérant », déclare-t-il.

Il tente en outre, une nouvelle fois, de prouver sa bonne foi en expliquant que « seules les condamnations définitives peuvent être communiquées aux tiers ».Or, le tribunal de Pontoise lui aurait communiqué les pièces « plus de quatre mois après » en autorisant l’appel « car le jugement n’aurait pas été signifié ». « Sur la forme, à aucun moment je n’ai pas douté que cette condamnation était ferme et définitive » se défend Sébastien Meurant. Enfin, il aurait tenu ces propos pour sauvegarder l’honneur du PS. « Sur le fond je trouvais indigne que le parti socialiste puisse se compromettre de cette façon » argue-t-il.

Ali Soumaré n’est pas un « exemple de réussite républicaine »

Plus qu’une justification de ses accusations, il s’en prend à tous les acteurs de cette affaire. Premier visé, le principal intéressé, Ali Soumaré. « Non le candidat tête de liste des socialistes du 95 pour les élections régionales n’était pas un exemple de réussite républicaine, n’en déplaise au premier fédéral et à ses acolytes ». L’élu ajoute que : « Sur le fond, faire de cette personne un exemple, c’est-à-dire un modèle pour cette jeunesse, est une infamie et un scandale ». Le Parti Socialiste n’est pas non plus épargné par la critique. « Si pour les socialistes monsieur Ali Soumaré peut servir d’exemple, il ne faut pas s’étonner que la violence fasse des ravages dans nos banlieues et plus particulièrement dans les villes gérées par la gauche. »

Cible également de l’élu, la presse. Mécontent du traitement de cette affaire dans les médias, Sébastien Meurant déclare que la quasi-totalité d’entre eux « s’est acharnée à faire passer Ali Soumaré pour une victime ». Accusant les journalistes de « bienveillance », il affirme que ceux-ci n’auraient jamais fait mention des « trois condamnations sur le casier judiciaire » de l’élu régional. « Que penser du silence des journalistes concernant ce fait avéré et public » déclare-t-il. Il accuse en outre la presse de contribuer à « tromper les citoyens » et d’« affaiblir la démocratie ».