Si les français ont commencé à débattre de la présidentielle le soir du réveillon, entre le fromage et la bûche, les partis politiques préparent déjà le coup d’après avec la désignation de leurs candidats aux législatives. Pas toujours facile. Comme dans la 6e circonscription du Val d’Oise où l’UMP a commandé un sondage de notoriété pour départager trois personnalités. Le candidat officiel sera connu le 28 janvier prochain. En attendant, les trois protagonistes (François Scellier, Luc Strehaiano et Yanick Paternotte) travaillent leur popularité.

Trois élus UMP ont fait savoir à leur état-major national leur volonté de se présenter sur la 6e circonscription qui regroupe notamment les villes d’Enghien-les-Bains, Soisy-sous-Montmorency, St Gratien, Sannois, Deuil-la-Barre, Montmagny…
 
Parmi ces trois candidats, d’abord le sortant : François Scellier, dynamique septuagénaire et ancien président du Conseil général du Val d’Oise. L’ex maire de Saint-Gratien n’a pas l’intention d’abandonner l’assemblée nationale où il a associé son nom à une loi qui fait le bonheur des investisseurs dans la pierre. Les statuts de l’UMP ne lui interdisent pas à 75 ans de se présenter. Aucune limite d’âge au parti présidentiel. Alors François Scellier répète partout qu’il est "en pleine forme" et que le président de la République ne l’aurait pas dissuadé de se présenter. "Il m’a même encouragé", souligne l’ancien président du Conseil général. 
Pour ce qui est du sondage de notoriété, François Scellier ne laisse paraître aucune inquiétude. Bien au contraire : "quand je me promène dans les couloirs de l’assemblée, tous mes collègues me disent : voilà le député le plus connu de France", déclarait-il récemment devant la caméra de VOtv, rappelant que son nom est associé à une loi que l’on peut voir dans chaque ville dès qu’un programme immobilier se réalise.
 
Autre candidat à l’investiture UMP, le suppléant de François Scellier à l’Assemblée : Luc Strehaiano. Le maire de Soisy-sous-Montmorency pensait que l’heure de la retraite avait sonné pour le député de la 6e. Il se préparait à succéder à François Scellier, travaillant inlassablement sa présence sur la circonscription. Une stratégie qui a commencé avec son élection à la tête de la communauté d’agglomération de la vallée de Montmorency, la CAVAM qui regroupe la majorité des villes de la circonscription, à l’exception d’Enghien-les-Bains et Sannois. Depuis qu’il a officialisé sa volonté de briguer l’investiture UMP, Luc Strehaiano engrange les soutiens des vice-présidents de la CAVAM, d’abord les maires de Deuil-la-Barre, puis Saint-Gratien et Andilly. Tous se sont opportunément prononcés en sa faveur à intervalle régulier. D’autres soutiens se feront connaître début 2012. "Tous les élus de droite de la CAVAM soutiennent Luc", affirmait récemment Jacqueline Eustache-Brinio, maire de Saint-Gratien. Le maire de Soisy a aussi développé sa sphère d’influence en devenant en avril le numéro deux du Conseil général du Val d’Oise. Le sondage de notoriété l’empêche-til de passer de bonnes fêtes de fin d’année ? "Aucun de mes amis n’a été encore sondé à ce jour, s’amuse l’élu. Je continue à faire mon boulot de maire de Soisy, de président de la CAVAM et de vice-président délégué du Conseil général".
 
Dernier candidat en lice, le moins bavard sur le sujet : Yanick Paternotte, l’actuel député UMP de la 9e circonscription du Val d’Oise et maire de Sannois… ville la plus importante de la 6e circonscription. L’élu suit la même ligne de conduite depuis que l’état major de l’UMP travaille sur les investitures aux législatives : "Rien à déclarer". Il ne fait aucun commentaire sur le sondage de notoriété. "Je n’ai rien demandé", lâche celui qui continue à arpenter sa circonscription de Roissy, en témoignent les photos sur son blog où pour la seule journée du samedi 17 décembre on peut le voir à une soirée à Luzarches, à la maison de retraite de retraite de cette même commune, ou encore au Noël du village de Puiseux. Une semaine plus tôt, il lançait au côté du maire PS de Goussainville le projet de fret ferré EuroCarex.
Yanick Paternotte sait que la 9e circonscription est une terre d’élection "yo-yo", un coup à gauche, un coup à droite. La 6e est beaucoup moins risquée. Lui aussi travaille à sa notoriété dans la perspective du sondage. Ces dix derniers jours, il a inondé la presse locale de communiqués pour faire savoir qu’il avait été nommé vice-président de la commission d’enquête sur les RER, qu’il était propulsé au comité stratégique de la société du Grand Paris. Et enfin qu’il était devenu président du groupe d’amitié France-Maroc de l’assemblée nationale.

Yanick Paternotte compte sur son réseau parisien, tissé patiemment dans les couloirs de l’assemblée et au siège de l’UMP, pour réussir à revenir sur la 6e circonscription. Ses "amis" Scellier et Strehaiano l’ont bien compris. Ils pensent avoir trouvé la parade et font désormais savoir à leurs interlocuteurs qu’ils sont au moins unanimes sur un point : "Yanick est le seul qui peut garder la 9e"
 
Aucun des trois candidats ne semble savoir si l’étude de notoriété a commencé auprès des électeurs de la circonscription. Pas même le patron de l’UMP dans le Val d’Oise. "C’est une affaire nationale, explique Axel Poniatowski. Et je ne sais pas ensuite quelle exploitation sera faite de ce sondage". Seule certitude : les investitures aux législatives seront officiellement données lors du conseil national du parti le 28 janvier prochain.