Dimanche 29 janvier, le patrimoine musical européen sera mis à l’honneur par le conservatoire municipal Claude Debussy, avec 3 œuvres majeures de Wolfgang Amadeus Mozart, dont sa dernière composition.

C’est dans le cadre architectural d’un monument historique, l’église de Saint-Brice, que ce concert exceptionnel rassemblera « les forces artistiques » de deux conservatoires : Claude Debussy de notre ville et le lycée intercommunal Saint-Saëns de Deuil-la Barre. Cette prestation artistique de qualité regroupera ainsi 25 musiciens professionnels et amateurs, 50 choristes amateurs et 4 chanteurs solistes professionnels, acteurs de la vie pédagogique du conservatoire.

La petite histoire du Requiem en ré mineur
En juillet 1791, Mozart achève partiellement, exténué, la composition de la Flûte enchantée. C’est peu après que la « légende » du Requiem de Mozart débute. L’histoire de la dernière œuvre de Mozart, la Messe des Morts, est aussi mystérieuse que merveilleuse. C’est par une lettre non signée qui lui fut remise par un messager inconnu que Mozart, après avoir consulté sa femme, accepta la singulière proposition. On sait aujourd’hui que derrière le messager mystérieux se cachait l’intendant du comte Walsegg dont la femme était récemment décédée et qui cherchait à obtenir une messe musicale pour célébrer la mémoire de celle-ci.
Mais cette dernière œuvre, Mozart n’aura pas le temps de la terminer. Elle n’est de sa main que pour les deux tiers. À sa mort le 5 décembre 1791, sa veuve Constance confia la tâche de terminer cette œuvre à d’autres compositeurs, principalement des élèves de Mozart (Joseph Eybler, Franz Xavier Sussmayr).
Malgré l’histoire complexe entourant son origine et sa publication, le Requiem est la première grande œuvre de musique sacrée de Mozart à être imprimée. Elle jouit d’une popularité constante : les mythes et les mystères sur la mort du génie ont joué un bien grand rôle.

Dimanche 29 janvier, à 16 h
Église de Saint-Brice – place Galliéni
95350 Saint-Brice-sous-Forêt
Rens. et réservation au 01 39 33 01 85
Tarifs :
– adultes : 15 €
– moins de 18 ans : 5 €
Au programme :
– Laudate Dominium, extrait de Vesperae
de Confessor KV 339
– Ave Verum Corpus KV 618
– Requiem KV 626

Francis Aubier, chef d’orchestre
Quelle est la particularité de l’orchestration ?
L’œuvre est écrite pour quatre chanteurs solistes (soprano, alto, ténor et basse), un chœur à quatre voix et un orchestre symphonique réduit, composé de deux cors de basset (clarinettes ténor), deux bassons, deux trompettes, trois trombones et timbales, un ensemble à  cordes et une basse continue (orgue). La sonorité de l’orchestre doit beaucoup aux timbres souples et graves des cors de basset et des cordes. Une atmosphère sombre et austère est créée par une orchestration sobre. Le chœur occupe tout du long le devant de la  scène, il n’y a que de courts passages purement instrumentaux. À quelques exceptions près, l’orchestre et les solistes ne font que servir le chœur, excepté le Tuba Mirum, duo entre le trombone et le soliste basse.

Comment envisagez-vous la direction du Requiem, basé sur le vocal et l’instrumental ?
Le Requiem de Mozart est une pièce exigeante, une des plus belles œuvres écrites de cette période. La direction de l’œuvre est l’association de la magnificence du chœur, des solistes et la sobriété de l’orchestre. Il faut trouver la synergie entre les musiciens et les chanteurs.

Mustapha Kaid, chef de chœur et soliste
Quelles sont les particularités vocales et techniques du chœur et des solistes dans ce Requiem ?
Dans cette œuvre, les solistes et le chœur chantent peu ensemble.
Mozart a choisi de confier une grande partie de ce Requiem au chœur et donc, symboliquement, au peuple.
Mais que ce soit dans les parties pour solistes ou dans celles pour chœur, on retrouve la même force d’expression dans les pages sur le jugement dernier (Dies Irae, Confutatis), dans la mise en musique de la douleur (Lacrymosa), et de l’imploration (Hostias, Agnus Dei) ainsi que dans la sérénité du croyant face à la mort.
Un travail sur le lien entre le texte et la musique est primordial pour comprendre, donner tout son sens et finalement restituer ce chef-d’œuvre, vocalement exigeant, en particulier pour les sopranos et les ténors du chœur. »

Pourquoi cette œuvre résonne-t-elle en vous ?
C’est une œuvre qui m’a fasciné très jeune, car à l’âge de 10/11 ans j’écoutais déjà le Lacrymosa ou le Dies Irae en boucle. Elle fut pour moi une belle entrée en matière dans le monde merveilleux du chant choral.