« Un boulet pour la compétitivité de la France » selon Axel Poniatowski, patron de l’UMP dans le Val d’Oise. « Ni crédible ni raisonnable » pour le député et membre de la commission des Finances en charge des questions budgétaires, Jérôme Chartier. Le programme dévoilé par François Hollande ce jeudi matin a suscité une réaction à l’unisson de la part de la droite départementale.

Pour le député-maire de L’Isle-Adam, Axel Poniatowski, les mesures présentées ce jeudi par le candidat socialiste, « si elles étaient appliquées, mettraient gravement à mal l’effort de redressement engagé par le Président de la République et son Gouvernement depuis le début de la crise. » Son application se traduirait par « l’affaiblissement de la France, l’aggravation des déficits et du chômage. » Le président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale craint surtout pour la compétitivité des entreprises françaises et du pays. « En alourdissant les charges sur les grandes sociétés, en choisissant de mettre fin à la RGPP et aux exonérations de charges sur les heures supplémentaires, ou encore en créant des "contrats de générations" et en choisissant le retour de la retraite à 60 ans, François Hollande néglige délibérément l’absolue priorité que représente l’amélioration de la compétitivité dans la sortie de crise de notre pays », analyse-t-il. Ses propos sont encore plus durs concernant la sortie du nucléaire, qu’il qualifie de « coup de massue ».

« Ce projet n’est ni crédible ni raisonnable »

Même son de cloche chez Jérôme Chartier. Dans une interview accordée au jdd.fr, le député de Domont estime que le chiffrage du programme socialiste « n’est pas sérieux. » « Le projet présenté par François Hollande n’est pas un projet présidentiel. Il manque de souffle et d’envergure. Il reprend des propositions qui existent déjà, qui sont dans l’air du temps – comme la taxe sur la transaction financière lancée par le chef de l’Etat – ou encore qui vise des boucs-émissaires, comme les classes moyennes. » Jérôme Chartier voit en effet dans la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaire une atteinte au pouvoir d’achat des classes moyennes. Enfin alors que François Hollande estime à 20 milliards d’euros le chiffrage de son projet, le membre de la commission des Finances jauge pour sa part à 20 milliards rien que la création des 150 000 emplois d’avenir, une mesure qui coûterait presque 4 milliards par an. L’estimation par l’UMP du coût du programme du PS sera délivré « prochainement » indique-t-il. Enfin, Jérôme Chartier attaque de nouveau François Hollande sur le flou de son projet. Sur la suppression de niches fiscales, « il n’a donné aucun détail ! s’emporte le député du Val d’Oise. Quand supprimera-t-il ses niches? Il ne l’a pas dit non plus. Autre exemple : dans son discours, il affirme qu’il va aider les entreprises à exporter. Mais dans son projet, il n’y a aucune ligne à ce sujet! Je lui rappelle qu’il s’agissait pour lui de livrer son projet avec précision. Cela reste très décevant… »