Suite à un courrier du préfet du Val d’Oise lui ordonnant le retrait de la plaque commémorative déposée par le collectif « Vérité et Justice pour Ali Ziri », la municipalité d’Argenteuil a décidé de la retirer « au regard des tensions qui se font jour ». En effet, plusieurs syndicats de police sont montés au créneau pour dénoncer l’inscription sur la plaque qu’ils jugent diffamatoire. On pouvait y lire : « Ali Ziri, 69 ans, mort le 11 juin 2009, suite à son interpellation par la police nationale, ici même. »

 Si la municipalité d’Argenteuil a accepté de retirer la plaque commémorative, inaugurée le 14 janvier dernier par le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, elle tient à rappeler « d’une part que le collectif est l’auteur du texte mentionné sur la plaque dont il est propriétaire, d’autre part que l’Etat ne s’est pas opposé ni à la tenue de cette manifestation dont il avait été préalablement tenu informé, ni à l’arrêté du maire du 9 janvier prévoyant la pose de la plaque provisoire. » Depuis, les syndicats de police se sont saisis de l’affaire pour demander son retrait. Dans un courrier du 30 janvier, « soit 16 jours après la cérémonie de pose » précise la mairie, le préfet du Val d’Oise leur a emboité le pas en ordonnant à la ville de procéder au retrait de la plaque. Si le maire socialiste, Philippe Doucet, s’est exécuté, il se réserve « la possibilité, à l’issue de la procédure judiciaire en cours, de proposer au Conseil Municipal d’Argenteuil une délibération pour décider de la pose d’une plaque définitive en la mémoire du défunt. »

Aujourd’hui, le collectif « Vérité et Justice pour Ali Ziri », composé d’une trentaine d’associations, d’organisations politiques, syndicales et de citoyens conteste l’aspect diffamatoire de l’inscription et dénonce son retrait. « Nous avons conscience que notre cause dérange, mais nous ne céderons pas, et c’est avec détermination, sans répondre aux provocations d’où qu’elles viennent, que le collectif entend faire toute la vérité et exiger justice pour la mémoire de M. Ali Ziri », rappelle-t-il. Par ailleurs, il regrette la « volte-face » de la mairie d’Argenteuil, qui « cède aux injonctions de Claude Guéant ».