L’organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), opposée au régime de Téhéran, proteste contre les conditions de transfert et d’hébergement de leurs membres en Irak. Les Moudjahidines du camp d’Achraf doivent en effet intégrer un nouveau camp à la demande du gouvernement irakien et craignent que "ce camp ne soit  transformé en prison". Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) vient dans un communiqué de demander à l’Irak de "tenir compte de la liberté de circulation" des habitants du camp.

Les Moudjahidines du peuple d’Iran, hostiles d’abord au régime du Chah, puis au régime islamiste de Khomeiny et enfin à l’actuel président iranien Mahmoud Ahmadinejad, ont été chassés d’Iran dans les année 1980 avant d’installer leur refuge à Auvers-sur-Oise. Présents également en Irak depuis 1986 dans leur base d’Achraf, les Moudjahidines y sont devenus indésirables depuis le rapprochement entre Bagdad et Téhéran après la chute de Saddam Hussein en 2003. Bagdad souhaite fermer au plus vite cette enclave d’opposants iraniens sur son sol. Depuis 2009, l’armée irakienne a attaqué à plusieurs reprises le camp, faisant de nombreuses victimes.

Sous l’égide de l’ONU, l’idée d’un transfert des Moudjahidines vers un autre camp fait son chemin. Le camp Liberty est né. Situé près de Bagdad (et plus éloigné de la frontière iranienne), Liberty pourrait accueillir les 3.400 résidents d’Achraf et "assurer leur sécurité", selon le gouvernement irakien. Mais les conditions d’accueil dans le camp LIberty ne satisfont pas les membres de la résistance iranienne réfugiée à Auvers-sur-Oise. Les Moudjahidines estiment que leurs membres seront privés de leur liberté de mouvement et craignent que "ce camp ne soit  transformé en prison".  Selon Afchine Alavi, le porte-parole des Moudjahidines, "l’Irak veut rendre les conditions invivables" aux futurs résidents du camp Liberty et "faire en sorte que les Moudjahidines d’Achraf abandonne la résistance". "Le camp est en plein désert, sans eau potable, avec une capacité d’accueil de seulement 800 personnes, alors qu’il y a plus de 3.000 habitants à Achraf et en plus il y aura de policiers irakiens en armes à l’intérieur du camp", souligne Afchine Alavi.

L’OMPI a vigoureusement protesté pour que l’accueil des résidents "soit conforme aux normes humanitaires et aux droits de l’homme". Un appel visiblement entendu par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui vient dans un communiqué de demander à l’Irak de "tenir compte de la liberté de circulation" des habitants du camps. Un premier pas indispensable pour les Moudjahidines.

Un accord entre l’ONU et le gouvernement irakien devrait permettre aux Moudjahidines, une fois le transferts des habitants d’Achraf effectué, d’obtenir le statut de réfugié qui leur permettrait de quitter l’Irak. Pour l’heure, le gouvernement irakien prévoit la fermeture du camp d’Achraf en avril. Le temps presse.