Menacé d’expulsion du territoire depuis le 23 janvier dernier, le jeune professeur Tunisien du lycée Camille Saint-Saëns de Deuil-la-Barre devrait être convoqué à la Préfecture de Paris dans les prochains jours. L’espoir d’une issue positive est très fort dans son entourage. Faut-il y voir un des effets de la loi du 16 juin 2011 sur l’immigration qui modifie les critères de délivrance de la carte « vie sociale et familiale » sollicitée par l’enseignant ?

 Aymen Sfaxi a 30 ans. Il est arrivé en France de Tunisie en 2006 et est marié depuis 2 ans à une Américaine. Professeur vacataire de comptabilité au lycée Saint-Saëns de Deuil-la-Barre, il ne peut plus exercer son métier depuis le 23 janvier dernier. La raison : un avis défavorable de la préfecture de Paris concernant son changement de statut d’étudiant à vie sociale et familiale.

Des « instructions internes »

L’épais dossier qu’il avait constitué pour ce jour-là n’est visiblement pas même consulté : l’administratrice justifie le refus très catégorique par des « instructions internes ». Aucune autre raison ne lui étant donnée, Aymen devra se contenter de ces propos plus que laconiques. Très inquiet, il mène depuis ce jour un combat acharné avec son avocate. Même s’il est soutenu à l’unanimité par les professeurs et les élèves de son établissement, il dit vivre un véritable « cauchemar ». Pour empêcher l’avis d’expulsion d’arriver chez le jeune homme, trois pétitions circulent, les conseillers municipaux se mobilisent, son cas a même été évoqué à l’Assemblée ce lundi. Le directeur de l’établissement Michel Padiolleau a lui-même immédiatement engagé des démarches auprès du rectorat de Versailles et de l’inspection académique du Val d’Oise. Si l’inquiétude est partagée pour le jeune professeur, elle  est d’autant plus communicative pour d’autres raisons : certains de ses élèves passent le bac cette année et courent le risque d’accuser de nombreuses lacunes le jour de l’examen s’ils n’ont pas professeur, le leur n’étant pas pour le moment remplacé.

Aymen Sfaxi est le troisième professeur valdoisien menacé d’expulsion cette  année. Le rectorat recrute parmi les personnes étrangères nombre de vacataires. Et lorsque celles-ci accusent un refus de renouvellement du titre de séjour, l’administration se défausse souvent. La situation est d’autant plus kafkaïenne que le professeur n’a jamais eu d’interlocuteur à la préfecture de Paris pour défendre sa cause. C’est avec un accent quasiment absent qu’Aymen exprime son désarmement.

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