MA CHAMBRE FROIDE
J
oël Pommerat
>théâtre

Joël Pommerat nous plonge dans une analyse tranchante de notre monde contemporain. Estelle est employée d’une petite entreprise, elle ne sait que faire pour aider ses collègues et trouver des excuses à son patron détesté de tous. Au gré de plans séquences hypnotiques, Joël Pommerat guide le public au cœur d’une histoire qui, petit à petit, se trouble, lorsque l’on apprend la maladie incurable du patron et le meurtre du mari d’Estelle, retrouvé dans une chambre froide… Entre humour et suspens, au sein d’un dispositif circulaire où le spectateur est témoin des moindres faits et gestes de chacun, ce spectacle promet de rester longtemps ancré dans les mémoires !

>articles de presse Ma chambre froide
 

Joël Pommerat, dans Ma chambre froide, revient au cadre du «grand récit» qu’il avait délaissé depuis cinq ou six ans. Mais sans rien sacrifier pour autant de la clarté qu’il s’est forgée entretemps, ni de la capricieuse diversité des plans narratifs, renforcé par un dispositif scénique surprenant. Car cette fois-ci, il semble puiser ses forces théâtrales dans le rythme et la forme du feuilleton !

Nous découvrons dans sa vie quotidienne une jeune femme simple, d’une bonté discrète, que ses collègues et son patron exploitent sans vergogne. Mais jamais Estelle ne se plaint, et jamais elle n’accuse ni ne condamne personne – pas même son patron, pourtant odieux et d’ailleurs détesté de tous. Elle en est en effet convaincue, même si elle a du mal à le formuler et plus de mal encore à se faire comprendre : en lui-même, il est bon, seules ses idées sont mauvaises, et s’il en avait de bonnes, alors il se comporterait bien… Il suffirait peut-être que ce patron puisse voir, vraiment voir, en quoi il se trompe pour qu’il soit transformé. Il suffirait d’une chance de le lui faire voir… Comme disait Hamlet, « le jeu est le piège / où je prendrai la conscience du Roi »…

On le devine, le théâtre (tragédie ou comédie, car Ma chambre froide réserve une large place au rire) a ici un rôle essentiel à jouer. Mais l’héroïne n’est pas la seule à devoir s’engager dans une tâche et sur un terrain inconnu pour elle. Ses collègues, eux aussi, se voient confrontés aux choix les plus douloureux. En fait, chacun des personnages que nous accompagnons dans Ma chambre froide va découvrir des lois qu’il ignorait et devoir, devant elles, se mesurer : lois de l’économie, loi de la mortalité – et lois de l’art, aussi, puisque l’art lui-même a ses exigences, qui ne sont pas moins impérieuses, voire cruelles.

Dans Ma chambre froide, Joël Pommerat se plaît à rendre hommage tantôt à Brecht, tantôt à Shakespeare, comme il avait pu s’inspirer de Tchekhov dans Au Monde ou dans Grâce à mes yeux. Mais sa façon d’entrelacer les fils de son récit, où suspense et humanité se renforcent et s’aiguisent l’un l’autre, n’appartient décidément qu’à lui… !

La presse en parle
« Le spectacle de Joël Pommerat dégage une force d’attraction telle qu’il est impossible de lui résister : il vous entraîne comme un manège dangereux, et vous poursuit longtemps après que vous l’avez quitté, vous laissant totalement séduit, et en même temps mal à l’aise. (…) En grand artiste, Joël Pommerat sait tenir les rênes de son propos. "Ma chambre froide" est un spectacle d’une virtuosité géniale. Découpées en séquences, comme au cinéma, les scènes s’enchaînent d’une manière hypnotisante. On a l’impression qu’elles sortent directement du cerveaudu metteur en scène, et qu’un tour de magie les rend concrètes sur la piste. Elles peuvent aller du trivial au fantasmagorique, sans jamais rien perdre de leur beauté stupéfiante, taillée dans le noir et blanc et traversée d’éclats foudroyant de lumière. »
Le Monde – mars 2011

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vendredi 17 février – 20h30
samedi 18 février – 20h30

L’-Théâtre des Louvrais / Pontoise

distribution
Création Compagnie Louis Brouillard • texte et mise en scène Joël Pommerat • avec Jacob Ahrend, Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Lionel Codino, Serge Larivière, Frédéric Laurent, Ruth Olaizola, Marie Piemontese, Dominique Tack • assistant à la mise en scène Pierre-Yves Le Borgne • stagiaire à la mise en scène Peggy Thomas • direction technique Emmanuel Abate • scénographie et lumière Eric Soyer • collaboration à la lumière Jean-Gabriel Valot • costumes et corps d’animaux Isabelle Deffin, avec Morgane Olivier et Karelle Durand • sculptures et têtes d’animaux Laurence Bérodot et Véronique Genet avec l’aide de Mélodie Alves, Katell Auffret, Lise Crétiaux et Marie Koch • collaboration aux perruques Nathalie Regior • recherche iconographique Isabelle Deffin • son François Leymarie et Grégoire Leymarie 

informations pratiques
Plein tarif 24 € / tarif réduit 19 € / tarifs abonnés 18 € à 6 €
Réservations au 01 34 20 14 14 – www.lapostrophe.net