Les maires UMP de Franconville et de Sannois, Francis Delattre et Yanick Paternotte, ont organisé une conférence de presse ce lundi 16 avril pour dénoncer le nouveau projet établit entre l’Agence des espaces verts de la Région Ile-de-France et la société Placoplâtre. Un accord qui prévoit l’avenir de l’exploitation de gypse des carrières de Cormeilles-en-Parisis.

D’après Francis Delattre et Yannick Paternotte, les buttes du Parisis et les carrières de Cormeilles-en-Parisis sont en danger. « Ce projet, que ce soit à court ou à long terme, est très dangereux pour notre communauté », a déclaré le sénateur-maire UMP de Franconville et président du syndicat des buttes du Parisis.

Lundi dernier, les deux élus apprenaient qu’un nouveau « contrat de nature minière, dit de foretage, avait été engagé entre l’Agence des espaces verts de la Région Ile-de-France (AEV) et la société Placoplâtre » et que celui-ci « succèderait » au précédent et « autoriserait » l’exploitation du gypse, sur 130 hectares, non plus jusqu’en 2029 mais jusqu’en 2071. D’après les deux élus, ce nouveau contrat, établit sans jamais contacter les communes concernées, va à l’encontre de tout ce qui avait été décidé. Il ne serait donc plus question de remblayer les carrières, et de réaménager les buttes du Parisis au profit du public et des citoyens.

Des verts en contradiction ?

« A partir de 2020, les espaces devaient progressivement être remis à disposition du public », a rappellé Francis Delattre. Chose qui ne serait plus possible avec le nouveau contrat. « Ce sera un espace de 130 hectares où on ne pourra plus mettre les pieds », selon lui, alors que la nécessité du site n’est plus aussi évidente que par le passé. « Aujourd’hui, il faut de moins en moins de gypse pour élaborer les matériaux », précise-t-il. Et d’ajouter : « il faut utiliser certaines ressources avec beaucoup plus d’à propos, en termes de développement et d’écologie. Or, Placoplâtre n’agit pas du tout dans ce sens ».

Pour le maire de Sannois, l’heure est à la gravité. « Si j’étais un des élus Vert de la Région du Val d’Oise, je dénoncerais cette convention et je démissionnerais », déclare-t-il. « L’AEV ne crée rien depuis des années. Les chemins de randonnée ne sont pas rénovés, les forêts et bois ne sont pas nettoyés. On ne crée rien, on détruit », s’insurge-t-il. Selon lui, au-delà du problème d’intérêt général que génère l’affaire, le dossier est un véritable problème politique : « Le groupe des Verts de la région a bradé nos terres », s’exclame le maire. 130 hectares d’espaces verts sont en effet menacés par ce nouveau contrat (dont 80 à Franconville et 20 à Sannois). Or, les accords sont pourtant signés par les représentants « écolo » de la Région.

Respecter la convention d’origine

Le patrimoine historique local serait également en danger. Les opérations de foretage iraient jusque sous le Fort de Cormeilles. La présence de gypse située non loin des fondations du monument, impliquerait, à long terme, une destruction du Fort « déjà amorcée » selon Yanick Paternotte. « Je comprends mieux le renoncement de son classement maintenant », insiste-t-il.

Les deux maires demandent le respect de la convention d’origine, qui autorise la société Placoplâtre à exploiter les sols et à les remblayer d’ici à 2029. « Nous sommes contre tout nouvel engagement », déclarent-ils. « Il faut 320 camions par jour, pendant 9 ans pour reboucher le trou. Et la société a déjà pris du retard sur ses engagements », explique Francis Delattre.  Problématique, d’autant que la société Placoplâtre devrait mettre en place plus de 600 mouvements de camions, quotidiennement. Un trafic qui n’enchante pas les deux élus. « Les camions ne passeront pas chez nous », affirme le maire. Les deux communes de Sannois et de Franconville entendent maintenant réagir.  Les deux maires appellent les habitants des communes touchées (Franconville, Sannois, et par extension Cormeilles, Argenteuil) à se mobiliser rapidement par le biais de communiqués. Dès septembre, ils en appelleront à une pétition.