"Personne ne pariait un copec sur ma réélection, c’est votre élection", a lancé un Jérôme Chartier survolté à ses partisans réunis dimanche soir à la salle des fêtes de Domont. Sa victoire avec 209 voix d’écart sur la socialiste Charlotte Brun, qui a reçu le soutien de nombreuses personnalités PS, a comme électrifié le député UMP sortant.

 A 21 h, salle des fêtes de Domont, aucune trace de Jérôme Chartier. "Ce soir, il est invisible", concède un proche, mine grave. "On ne sait pas où il est", dit l’un de ses adjoints. "Il ne viendra pas avant la proclamation des résultats", répond un autre. "L’élection n’est pas gagné, ça va être très serré", lâche un militant UMP.

Le député sortant arrivera un peu avant 22 h 30 quand l’information de sa victoire a déjà commencé à circuler auprès de ses partisans. Ces derniers l’attendent depuis une trentaine de minutes. 
 
Jérôme Chartier débarque au volant de sa Smart et en sort en trombe tout sourire, sans avoir pris le soin d’éteindre ses feux. Il est ovationné. Il tente de se frayer un chemin jusquà l’estrade à l’intérieur de la salle des fêtes. Bises, accolades.

Le maire de Domont se saisit du micro. "Cette élection, c’est votre élection". Succès garanti. Des "Jérôme président !" commencent à fuser. Pendant dix minutes, il remerciera tout le monde "pour les SMS, les appels aux amis qui nous ont permis de gagner ce soir". Il explique, entre deux fous rires nerveux, que c’est sa "plus belle victoire". 

"Celle là on a été la chercher, c’est grâce à vous. Personne ne pariait un copec sur ma réélection", lance Jérôme Chartier du haut de son mètre 95, basculant les bras d’avant en arrière, montrant du doigt le public et répétant "c’est votre élection" avant de tendre le pouce vers le haut et de lancer: "Tout le monde à voulu me faire battre, Martine Aubry, les membres du gouvernement, nous avons gagné !".

Grisé, survolté, électrifié… car rassuré. Jérôme Charier, proche de François Fillon jouait gros en cas d’échec : une disparition pure et simple de la scène politique nationale au moment où les cartes se redistribuent dans l’après Sarkozy. 
 
Dans une assemblée où les élus de l’opposition seront moins nombreux, lui qui a mouillé sa chemise pendant la présidentielle sans finalement perdre son mandat de député peut espérer jouer les premiers rôles. Le prochain duel Fillon-Copé au sommet de l’UMP sera déterminant pour cet élu qui, à 45 ans, va entamer son troisième mandat de député.

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