Adhérent et militant communiste depuis le 10 mai 1981, secrétaire de section et dirigeant départemental du PCF durant des années, Laurent Dumond  est conseiller Régional d’Ile de France et Vice-président de la Communauté d’Agglomération de Cergy-Pontoise. Il est adhérent du Mouvement Unitaire Progressiste de Robert Hue, ancien secrétaire national du PCF. Laurent Dumond livre ses explications dans un communiqué :

"2012, le parti communiste français comptabilise 9 députés, il retrouve ainsi une audience parlementaire équivalente à celle de sa plus difficile période. Celle de 1932 caractérisée par la stratégie la plus sectaire sous le mot d’ordre « classe contre classe » heureusement chassée sur l’initiative de Maurice Thorez, qui, dès 1934, et contre l’avis de l’Internationale communiste a initié le rassemblement annonciateur du grand Front Populaire.

Toutes les périodes qui se sont succédées depuis n’ont cessé de montrer que le parti communiste a été utile au peuple chaque fois qu’il a été unitaire. C’était lorsque l’union n’était pas encore devenue un gros mot et quand être unitaire n’était pas, comme c’est le cas dans le langage militant d’aujourd’hui, synonyme de trahison aux valeurs de justice sociale, d’égalité et de refus de l’ordre établi. 

La langue française, les mots qui la composent et leur utilisation ont un sens. Or depuis quelques jours, plus particulièrement depuis la sanction électorale de dimanche dernier nous pouvons lire et entendre des propos, émanant de la place du Colonel Fabien et de certains dirigeants, tout simplement insupportables.

Je ne veux pas parler des phrases qui ponctuent un bulletin de vote pour expliquer aux communistes la bonne case à cocher avant de le mettre dans l’urne, je ne veux pas parler des déroutes électorales successives toujours politiquement expliquées et justifiées car je n’ai pas la prétention de détenir la vérité politique.

Non, je veux condamner les propos déplacés, inappropriés, diffamatoires, insultants, employés par de prétendus dirigeants à l’encontre de militants, d’élus qui refusent l’enfoncement dans l’isolement malgré le discours officiel sur le prétendu dynamisme du Front de Gauche. Je veux dire ma réelle indignation face à l’utilisation du mot de trahison à l’encontre de Robert Hue alors que l’ancienne secrétaire nationale va quant à elle soutenir un député dépité ne respectant pas la règle du désistement républicain.

L’insulte n’a jamais été une preuve de force et montre que les valeurs portées par les communistes français durant des années ne sont vraiment plus celles d’un appareil communiste qui rappelle l’histoire sombre d’un stalinisme effaçant des photos de prétendus traîtres réhabilités heureusement quelques décennies plus tard.

Contrairement à aujourd’hui, entre les deux tours des législatives de 1981, notre parti menait campagne pour obtenir des ministres communistes qui ont ensuite contribué à d’indéniables avancées et il était juste de le faire. La seule vérité qui compte est celle exprimée par le peuple mais sans doute est il plus aisé de stigmatiser l’individu que d’expliquer le détachement du peuple à notre égard et d’expliquer son propre échec collectif.

Le changement tant attendu, les urgences sociales, humaines, économiques valent plus que  la sauvegarde d’un appareil politique  abandonné par ceux qu’il prétend représenter. L’expression de notre sensibilité, de notre radicalité et la défense de nos valeurs resteront bien plus fortes que les anathèmes et la vérité « absolue » revendiquée par celles et ceux qui les utilisent.

Un changement durable, réellement utile au plus grand nombre passe par une diversité politique qui devra continuer à s’exprimer partout et au-delà « de ce qu’a été » mon parti.

Je suis venu lui dire, aujourd’hui, que moi aussi, je m’en vais.

Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus et tant aimés ?"