Ce mardi 10 juillet 2012, l’Arbre de vie, une sculpture monumentale de 12 m de haut a quitté Pontoise sur un semi-remorque pour prendre une retraite bien méritée en Autriche. Depuis 1980, ce séquoia géant d’Amérique ornait le bassin des Lavandières dans le quartier Notre-Dame à Pontoise.

 Il avait été sculpté par le grand artiste chilien Miguel Horn à qui un bûcheron de Seine Maritime avait offert en 1976 le séquoia déraciné. Alors âgé de 26 ans, le sculpteur avait obtenu l’hospitalité d’une scierie installée à Fouilloy, en Seine-Maritime. Dressé à l’envers grâce à des haubans, le tronc avait demandé neuf mois de travail à l’artiste qui ne savait pas alors quelle destination donner à son oeuvre.
 
Par hasard, Jean Languedoc, négociant en bois à Saint-Ouen-l’Aumône était tombé en arrêt devant l’œuvre monumentale. Il militait alors à l’Association des habitants du quartier Notre-Dame-Viosne qui était entrée en conflit avec la municipalité de Pontoise contre un projet d’urbanisation massive du quartier Notre-Dame et de canalisation de la Viosne. À la suite des élections cantonales de 1976 et surtout des municipales de 1977 qui avaient vu le maire et conseiller général Adolphe Chauvin perdre ses mandats, la nouvelle municipalité dirigée par Jean-Philippe Lachenaud avait renoncé à tout projet d’urbanisation et accepté que le terrain des Lavandières devienne un vaste jardin public. Installé au milieu de ce jardin, l’Arbre de vie était devenu le symbole de l’identité et de la quiétude retrouvée du quartier et du plaisir champêtre qu’il propose aux visiteurs comme aux habitants.
 
Le sculpteur Miguel Horn avait consenti le prêt de son oeuvre à titre précaire. Bien que l’Arbre de vie ait été parfaitement entretenu par les services municipaux, il accusait le poids de 32 ans d’intempéries et de coups de chaud. « Il n’aurait pu continuer à être exposé à l’air libre et à la pluie pendant plus de 10 ans sans tomber en miettes » a constaté Miguel Horn. Celui-ci a donc décidé de reprendre son oeuvre qui sera définitivement dressée dans un lieu fermé en Autriche – où son espérance de vie atteindra au moins un siècle.
 
"Tout en regrettant ce départ, l’Association comprend la décision de l’artiste et le remercie de ce long prêt, tout comme le député-maire de Pontoise Philippe Houillon", fait savoir l’association.
 
Mais le démontage de cette oeuvre fragilisée n’est pas une mince affaire. Pour empêcher que l’arbre inversé se casse lorsqu’il sera déposé sur un énorme semi-remorque à destination de l’Autriche, il a fallu concevoir et réaliser une double coque rigide qui va s’adapter à la sculpture et permettre son grûtage. L’opération a eu lieu ce mardi 10 juillet entre 9 h et midi en présence du député-maire de Pontoise, de Jean Languedoc, d’autres responsables de l’Association des habitants ainsi que du bûcheron qui avait offert le tronc voici près de 40 ans.
 

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