Cette année, une vingtaine de photographes ont répondu à l’appel lancé par l’association Photsoc et son fondateur, Xavier Zimbardo. Parmi eux, Franck Boucher, Franck Boutonnet, Bernard Ciancia, Nicolas Henry, Loïc Lautard, Guillaume J. Plisson, Jean-Manuel Simoes, Irène Sinou, Bénédite Topuz ou Pierre Torset. Certains seront de réelles découvertes pour la presse et le public français, comme Jordi Cohen et son travail sur Haïti, Matteo Gozzi sur les banlieues industrielles en Mongolie, Luca Zanier sur les lieux de pouvoirs dans le monde, Agnieszka Traczewskasur des communautés juives en Israël et en Pologne, France Keyser sur l’Islam en France, et Pierrot Men.

Des créations vidéos seront également présentées : Adieu donc, Paris de Tony Zen et Ma Préférence d’Anne Bichon.

Agnieszka Traczewska
« Agnieszka n’est pas juive, et pourtant elle a pu pénétrer l’une des communautés au monde les plus fermées. Et les photographier avec un talent à couper le souffle ! Nous les faire découvrir en sachant partager. Leur a-t-elle donné de l’argent pour cela ? Non, elle a su les approcher, les regarder avec une étonnante acuité. Le résultat confine au miracle. Parce qu’elle a su les comprendre, c’est-à-dire les aimer. » Xavier Zimbardo

Anne Bichon
Anne Bichon est née à Angers où elle a étudié les beaux- arts. Sa pratique est pluridisciplinaire : elle utilise photo, vidéo et son car elle s’intéresse à l’image dans tous ses états. Aujourd’hui, elle vit et travaille à Paris.
Son site : www.annebichon.com
« Elle observe avec une tendresse déchirante la solitude abandonnée sur un banc de nos villes. » X. Z.

Bénédite Topuz
À 20 ans, Bénédite était passionnée de photographie. Vingt ans plus tard, elle quitte son poste de rédactrice en chef dans la presse professionnelle et suit, pendant huit mois, une formation de photographe au Centre Iris, à Paris.
« Bénédite Topuz questionne la relation mère-fils père-fille dans des portraits subtils qui résonnent en nous de mille et mille échos. Émotions. Ravages. Sans âge. La photo des visages, la photo dévisage, la photo des vies sages… ou pas sages…» X. Z.

Bernard Ciancia
Enfant des Trente Glorieuses, né en 1960, Bernard Ciancia est fils d’un siècle d’images. Héritier d’un grand-père et d’un arrière grand-père pionniers en la matière, il retiendra de ces premiers temps de l’enfance où ce n’est pas le verbe mais la vision qui donne à l’imaginaire son langage, la force de percussion de l’image.
« Bernard porte sur les ouvriers d’usine un regard de clarté qui les transfigure en icônes. » X. Z.

France Keyser
France Keyser est née deux ans après mai 1968 et a grandi à la campagne. Elle a découvert Paris et la photo sur le tard. Elle travaille aujourd’hui pour la presse quotidienne et hebdomadaire, sur des sujets d’actualité.
« France a de son côté réalisé un document remarquable sur les Musulmans de France, témoignant posément contre ceux de nos concitoyens qui prétendent que ces minorités ne sauraient pas s’intégrer. » X. Z.

Franck Boutonnet
Depuis dix ans, son travail se centre autour de problématiques sociales en France et à l’étranger : les travailleurs pauvres dans le monde, l’homoparentalité en France, le microcrédit, la ruralité. Il est cofondateur du collectif de photographes item : www.collectifitem.com
« Franck, lui, revient d’une Argentine âpre, aux mêmes contrastes brutaux, lumières dures où les mères des disparus ne renoncent pas à réclamer justice, où se tapissent dans l’ombre les tortionnaires d’hier rêvant d’être à nouveau les maîtres de demain. » X. Z.

Guillaume J. Plisson
Photographe basé à Lyon, il est membre du collectif « Libre arbitre ». Il réalise ses reportages sur le long terme, avec une approche documentaire. En parallèle, il mène une recherche avec des calligraphes et graffeurs, intitulée Lightgraff.
« Guillaume J. Plisson accompagne ceux qui se faufilent dans l’obscurité, tentant de vaguement exister en recouvrant les murs la nuit de graffiti malingres comme d’autres riches marchands nous hantent et nous désenchantent de vastes panneaux puanteur aux marques agressives…» X. Z.

Irène Sinou
Elle questionne l’actualité à travers ses représentations : en jouant sur les frontières de l’image, elle raconte, dans les murmures du silence, les histoires que l’on ne parvient plus à voir.
« Irène recueille dans des poubelles africaines des absences de visages qui nous interrogent sur le pouvoir des images, la construction et la perte de nos identités. » X. Z.

Jean-Manuel Simoes
« Né en 1964 en région parisienne, de double culture franco- portugaise, j’ai commencé ma carrière de photographe à 33 ans. J’ai commencé ce travail en novembre 2007, d’abord à Villiers-le-Bel, puis très rapidement j’ai investi le 93. »
J. -M. S.
« Il décrit au scalpel, de son oeil aiguisé, Clichy-sous-Bois, une autre de nos banlieues ostracisées, stigmatisées, avec ses jeunes désoeuvrés, de colère et de douleur étranglés, cernés de noir et blanc résolument contrastés à l’image de notre dureté. » X. Z.

Jordi Cohen
« Je suis né à Manresa en Espagne. Après avoir été diplômé en médecine, j’ai travaillé pendant presque vingt ans dans le domaine médical en Europe, Amérique latine et Afrique. Je connaissais le monde de la photographie à travers mes voyages. J’ai fait des reportages, principalement sociaux. J’essaie de transmettre les émotions liées aux aspects culturels de différents pays et civilisations. J’ai exposé et publié des photographies dans des livres et autres supports. » J. C.
« Avec Pierrot Men, ils portent tous deux sur nos contemporains des regards infiniment vivants, faisant vibrer le monde avec des focales fort différentes mais avec d’égales grandes âmes à la mesure d’un Édouard Boubat, des êtres éveillés tels des Bouddhas de la caméra, des maîtres soucieux de révéler quelques pans fragiles de ce qui constitue le plus fécond de notre humanité : son mystère. » X. Z.

Loïc Lautard
Âgé de 33 ans, il vit et travaille à Paris. Sa démarche est une recherche permanente sur l’humanité au sens le plus affectif qui soit, concerné par la solitude des êtres et tout ce qui est accroché à l’intérieur de l’âme.
« Loïc Lautard accompagne fraternellement Brahms le SDF dans sa dérive de misère, symphonie désaccordée, et porte un regard tout aussi effaré sur les Salarymen de Tokyo qui s’effondrent solitaires, avec la même constance disharmonique, sur le pavé au sortir de leurs bureaux climatisés. » X. Z.

Luca Zanier
Né en 1966, il vit et travaille à Zurich où il a appris le métier de photographe. Après avoir travaillé en Italie et en France, il a monté son propre studio à Zurich.
Il travaille en Suisse et à l’étranger, mettant l’accent sur les paysages, les natures mortes et les personnages.
« Luca Zanier nous entrouvre ces lieux de pouvoir et d’énergie où tout semble se décider. Pour le meilleur ou pour le pire ? » X. Z.

Matteo Gozzi
Il est un témoin qui attire votre attention sur la présence émotionnelle, sur l’énergie et l’humanité, dans des situations dérangeantes et des conditions de vie parfois extrêmes.
« Matteo Gozzi nous conduit aux frontières de la mondialisation, à Oulan-Bator, en des terres que nous croyions encore de vastes espaces libres appartenant aux cavaliers alors que la capitale de Mongolie enfumée, irrespirable et invivable, est de plus en plus étouffée par une pollution plus meurtrière encore que le sida. » X. Z.

Pierre Torset
Pierre Torset est un photographe basé à Poitiers. Il partage son temps entre une activité photographique locale au printemps / été, et des reportages culturels et sociaux en hiver, essentiellement à l’étranger. L’Asie reste sa destination de prédilection.
« Il nous entraine dans ces immenses chantiers de nations désargentées où l’on s’échine à recycler dans la sueur, le sang, la boue de gargantuesques navires éventrés. »
X. Z.

 

 Pierrot Men
Né en novembre 1954 à Midongy-du-Sud, sur la côte est de Madagascar, Pierrot Men vit et travaille à Fianarantsoa, où il dirige le plus grand laboratoire photographique de la ville, le « Labo Men ».
« Avec Jordi Cohen, ils portent tous deux sur nos contemporains des regards infiniment vivants, faisant vibrer le monde avec des focales fort différentes mais avec d’égales grandes âmes à la mesure d’un Édouard Boubat, des êtres éveillés tels des Bouddhas de la caméra, des maîtres soucieux de révéler quelques pans fragiles de ce qui constitue le plus fécond de notre humanité : son mystère. » X. Z.

Tony Zen
« Tony Zen passe de l’image fixe à la vidéo, de la ville à la campagne au rythme terriblement actuel d’un Jean-Jacques Rousseau brillamment revisité. » X. Z.

Nicolas Henry
Né en 1978, Nicolas Henry est diplômé des Beaux-Arts de Paris et de l’Ecole nationale supérieure d’art de Cergy, et s’est formé au cinéma à l’Emily Carr Institute of Art and Design de Vancouver. Très vite, il tire de ces enseignements une vision de l’art sans limite entre les disciplines, et mêle volontiers photographie, arts plastiques, scénographie et vidéo dans le cadre d’un vaste travail de création visuelle autour du jeu et de la rencontre.
Outre ses nombreux travaux personnels, il parcourt le monde pendant trois ans comme réalisateur pour le projet 6 milliards d’autres de Yann Arthus- Bertrand, dont il assume ensuite la direction artistique, lors de l’exposition au Grand Palais début 2009. Dans le même temps, il conçoit les centres « GiBiloba », des parcs de jeux et d’éveil à l’écologie pour les enfants, et poursuit sa série à la rencontre des aïeuls du monde entier Les cabanes de nos grands-parents, mixant installation et portrait photographiques.
Cette série a été diffusée à travers le monde, par le biais de la presse et des festivals. Une monographie est parue en octobre 2011 aux éditions Actes Sud.
« Un personnage exceptionnel. Généreux. Adorable ! Venu illuminer les yeux des enfants de Sarcelles le temps d’un été en collectant patiemment entre les HLM des objets de toutes sortes jetés au rebut pour bâtir avec eux des cabanes tout aussi insolites qu’éphémères. Et puis et puis et puis… dans ce Festival et pour la première fois j’ose présenter un peu, aussi, de mon propre travail avec ces mêmes enfants des bâtiments dont je suis issu, pour permettre à celles et ceux qui ne partent pas en vacances de mettre de la couleur et du bonheur dans la cité. » X. Z.

Lieux d’expositions : les maisons de quartier Les Vignes Blanches, les Chardonnerettes, Chantepie-les Rosiers, Valéry-Watteau, Ensemble et le centre social des Sablons, le centre commercial MyPlace , La bibliothèque intercommunale Anna Langfus, et l’hôpital Charles Richet.