Longtemps laissé dans les cartons, le projet de création d’une 2×2 voies, l’avenue du Parisis (anciennement BIP), reliant l’A15 à l’A1, a finalement été soumis au débat public il y a quelques mois. Décrié par les associations de défense de l’environnement, le projet essuie les critiques de l’Association pour la Mise en Valeur de la Côte de Deuil (AMVCD) qui s’inquiète de la manière dont est menée la concertation. 

 Régulièrement sous le feu des critiques depuis l’annonce la relance du projet, le dossier est aujourd’hui entré dans sa phase de concertation. Un débat déjà vivement critiqué par le collectif Vivre sans BIP (voir notre article). Aujourd’hui, c’est au tour de l’Association pour la Mise en Valeur de la Côte de Deuil de monter au créneau. En cause, une concertation non conforme selon les membres : « Nous avons fait constaté plusieurs manquements de la part du département que ce soit du point de vue du droit à l’information que du point de vue du droit aux personnes concernées de pouvoir s’exprimer. »

Les opposants montrent du doigt le budget. « Le conseil général propose un projet dont aucune étude de financement sérieuse n’a été proposée. Ce projet fixé en première approche aux alentours de 500 millions, c’est-à-dire sans une appréciation correcte des mesures compensatoires devrait approcher le milliard d’euro lors de son éventuelle réalisation. Les études que nous avons menées prouvent que pour un recours à l’impôt de 250 Millions d’euros par phase de 50M€, le coût de la charge financière serait de l’ordre de 10% des recettes fiscales de la taxe foncière. Devrons encore payer plus ? », s’interroge l’association.

« La seule recette fiscale permettant un équilibre à très long terme de cet investissement tient dans la TICPE (ex TIPP) mais pour cela il faudrait entre 30 000 et 45 000 véhicules circulant en plus de l’existant dans la zone pour 250M€ empruntés ! », explique l’AMVCD, qui critique le manque d’information sur ce sujet : « Nous faisons le constat que la problématique de santé publique consistant à mettre en œuvre des mesures de protections vis-à-vis des polluants atmosphériques se borne au rappel des seuils légaux ! »

L’association réclame désormais un nouveau débat : « Dans l’Etat actuel de ce qui est proposé, l’AMVCD s’oppose à la réalisation du projet et demande au département de reprendre l’intégralité des études afin quelles soient cohérentes et respectueuses des pratiques réglementaires ».