Le directeur du Théâtre 95 signe une nouvelle pièce : « Une maison en Normandie ». C’est sa dernière création et elle nous renvoie à nos désirs personnels et à nos rêves collectifs. Le plus souvent inassouvis ou inachevés. Voir son interview.

Avec Pauline Huruguen, Gaël Kamilindi, Marie Kauffmann, Lionel Pascal, Marc Plas, Xavier-Valery Gauthier, Olivier Collinet, Stéphanie Lanier, Marc-Henri Boisse 

Scénographie, créateur lumière et vidéo Nicolas Simonin

Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

 

Écrit et mis en scène par

Joël Dragutin

Assistante à la mise en scène

Diane Calma

Le passé en héritage, une vieille maison de famille chargée d’histoire, à deux heures de Paris dans le bocage normand. Mais qu’en faire ? La conserver… dans quel but ? Inventer un projet commun pour prolonger sa vie ? Une maison en Normandie rassemble neuf personnages, hommes et femmes d’aujourd’hui, dans une demeure devenue à la fois le décor et l’enjeu d’un de ces longs week-ends de début d’été…

Chacun d’eux est venu, sans grand enthousiasme, mais mu par « l’espoir de parvenir ensemble à élaborer un projet qui les impliquerait tous : maison de vacances à partager et à gérer entre amis… espace de rassemblement artistique et festif, ferme bio high-tech, centre de remise en forme, placement lucratif immobilier…
Au fil du week-end, ces projets « s’ensablent » les uns après les autres dans une fatigue du désir qui saisit peu à peu les personnages et contamine le langage même, jusqu’à la proposition finale de « mise à plat » de l’édifice ! Une solution spéculative, faute de mieux, faute d’y croire vraiment, faute d’envie de s’investir, de gérer le collectif…
Et pourtant, chacun, selon sa génération, ses origines sociales, son parcours individuel, est en quête « d’autre chose », de rêve d’autres possibles. Il y a ceux qui se réfèrent encore à des credos mythiques ; ceux qui, par fidélité à une tradition, perpétuent des valeurs issues d’un autre temps ; il y a ceux qui ont lâché prise avec les exigences intellectuelles ou éthiques pour se contenter de gérer le présent ou ceux qui se sont réfugiés dans une perception immédiate, émotionnelle et purement ludique. Il y a ceux, enfin, dont l’énergie balbutiante mais authentique préfigure un monde en gestation, où résonne la mélodie encore incertaine du chant des lendemains. Ensemble, ils nous ressemblent, dans leurs élans avortés, leur soif d’exister, leur peur de vivre.

 

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