Alors que le Schéma Directeur d’Ile-de-France (SDRIF) 2013 sera voté cette semaine, les opposants au projet Europa City reviennent à la charge. En cause, un amendement porté par l’UMP faisant état de 20 000 emplois créés. Réfutant toujours ce chiffre, les associations réclament le retrait du texte.

Non, Europa City ne permettra pas « la création de 20 000 emplois ». Les associations qui se battent depuis plusieurs années contre l’un des projets phares du Triangle de Gonesse le réaffirment, alors que la Région doit adopter prochainement son SDRIF 2013. Elles rappellent ainsi que ce chiffre engloberait, selon elles, « la construction et l’exploitation », c’est à dire que les emplois ne seraient pas occupés en même temps. 

Et même en faisant l’addition, le compte n’y serait pas. Sur le nombre d’ouvriers des travaux publics d’abord. « Le chiffre total est surestimé, il serait de même taille que pour le chantier du tunnel sous la Manche, 50 km dont 35 sous la mer, alors que la productivité dans la filière bâtiment a fortement augmenté depuis 25 ans », arguent les détracteurs du projet. Un projet qu’ils craignent en outre de voir être mené par des « ténors du BTP » : « Bouygues, Eiffage ou Vinci, amènent leur personnel et recrutent localement à la marge des personnels sur des postes précaires. »

Même constat pour la phase d’exploitation. « Le dernier chiffre estimé d’après des études (auxquelles nous n’avons pas eu accès) serait de 11 500 postes », précise le collectif pour le Triangle de Gonesse, qui n’oublie pas les conséquences pour les commerces alentours : « Il faut retrancher de ce total les emplois supprimés dans les petits commerces et l’artisanat des centres-villes, sans compter la récession prévisible des centres commerciaux concurrents ». Un constat qu’avait d’ailleurs partagé Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques, invité du forum organisé par les anti-Europa City le 22 septembre dernier. Celui-ci faisait état « pour un emploi créé en centre commercial de 4 ou 5 suppressions dans le tissu urbain ». 

Face à ce constat les associations réclament « en urgence le retrait ou le rejet de l’amendement de l’UMP au projet de SDRIF défendant l’implantation d’Europa City ». Un dossier qu’ils associent directement à la politique de l’ancienne majorité présidentielle. « L’UMP francilienne d’aujourd’hui ne doit pas se sentir engagée par les propos d’hier tenus par Nicolas Sarkozy », lancent-ils. Et de conclure : « Nous sommes toujours dans l’attente de la publication des études sur l’emploi effectuées par Immochan et par l’EPA Plaine de France, afin d’affiner nos observations. »