« Passer son enfance dans l’emprise d’un des plus beaux parcs romantiques d’Europe, même disparu – celui de la reine Hortense à Saint-Leu-la-Forêt, où il vit et travaille toujours actuellement –, a imprimé à tout jamais en Jérôme Letellier le goût du patrimoine et des jardins.

D’abord photographe d’objets précieux, il a travaillé en Angleterre (collection Rothschild de Waddesdon Manor) et aux États-Unis (Getty Center de Los Angeles, Muséum of modern art de New-York). Son intérêt pour les grands jardins classiques l’a conduit à réaliser les expositions suivantes :


2003 : ensemble de quarante photographies du domaine de Villarceaux qu’il présente sur place,
2005 : exposition sur le thème des maisons d’écrivains au Conseil régional d’Île-de-France,
2008 : reportage pour la brochure départementale « Jardins du Val d’Oise »,
2010 : expositions à Paris à la Visionnairs Gallery et dans les jardins des Tuileries, à l’occasion de « Jardins, jardin » ,
2011 : expositions aux Journées des Plantes de Courson puis à « Plantes, Plaisir, Passion » au château de La Roche-Guyon,
Communication « Regards sur des jardins d’Île-de-France » au colloque « De la poétique des ruines au jardin » organisé par la mission Jardins du Conseil général au château d’Auvers sur-Oise.

Intemporels, un rien nostalgiques, voire mélancoliques, les points de vue dénués de toute présence humaine de Jérôme Letellier traquent le mystère de l’esprit des lieux au temps de leurs moments de faste. Photographe « d’après la fête », il se dit « plus proche de la poétique des ruines d’Hubert Robert que des fêtes galantes de Watteau ». Fasciné par les traces laissées par l’histoire, Jérôme Letellier leur insuffle une vie nouvelle, par le simple fait d’y porter les yeux. Placé comme en embuscade, il nous restitue, apaisés, filtrés, des signes de bonheur arrachés au précipité d’une modernité tenue à distance avec volupté. De clins d’œil en références littéraires, Jérôme Letellier capte les ondes alentour et aboutit à des connexions troublantes. Comme pour cette photo du jardin du docteur Gachet où tournoient les fleurs de métal du sculpteur Aligna, l’arbre arraché dans son jeune âge à la première sépulture de Vincent van Gogh et les particules de lumière entraînées dans la farandole.

Dans le cadre de la saison départementale « Forêt[s]en tous sens »,
Jusqu’au 22 décembre
Musée Daubigny – Auvers-sur-Oise
Exposition photographique de Jérôme Le Tellier
« Des Arbres et des Lettres »

(Œuvres originales mises en regard avec les collections du musée et des textes littéraires)

L’exposition : elle se déroule dans trois espaces du Musée, deux salles demeurant, de façon permanente, consacrées à la présentation des œuvres de la « dynastie Daubigny. »
Elle est conçue davantage comme une promenade au travers divers médiums :
– Le cliché-verre, ancêtre de la photographie inaugure le parcours,
– Photographies réalisées spécialement pour cette manifestation
(salles 1, 2 et 3) : Si le Val d’Oise est mis particulièrement à l’honneur, l’Oise et Eure complètent ce reportage de 32 images,
– Gravures, peintures et dessins (collections du musée et prêteurs) : Dominique Gallais,
Camille Corot, Fernand Quignon, Emile-Frédéric Nicolle, Auguste Boulard, Et
Bien Sûr Charles François Daubigny
Des œuvres de Mantelet particulièrement fragiles, sont, à cette occasion, mises à l’honneur.
Les gravures sont, pour la plupart, présentées pour la première fois (entrée dans les collections par le biais d’un don généreux au musée),
– Textes littéraires dont le choix a été initié et encouragé par la découverte d’Éric de Rubercy (« Des poètes et des Arbres » – Promenade anthologique, Paris, Ed. La Différence, 2005).
Vieux cahiers d’écoliers, manuels anciens de littérature et grimoires familiaux ont été mis à contribution pour offrir au visiteur des textes célèbres ou moins connus, qui lui rappelleront peut-être de beaux souvenirs.
Le parcours invitera ainsi chaque visiteur à évoluer selon son rythme et ses préférences au sein des thèmes suivants :
– « Arbres des villes et arbres des champs »,
– « Essences » : saules, pins, bouleaux, …
– « Des arbres et des morts »
– « Destins d’arbres »,


Un espace spécifique permet découvrir des jardins aussi envoûtants que mystérieux où les arbres servent d’écrins à d’incroyables fantaisies architecturales, sujet de prédilection de Jérôme Le Tellier (salle 4) : Paris, Bonnelles, Chambourcy – Désert de Retz (78), Ermenonveille- Parc Jean-Jacques Rousseau (60)
Des lutins mis à la disposition du public permettent aux passionnés ou curieux de littérature de poursuivre ou d’enrichir les découvertes initiées dans l’exposition. Un petit journal, créé pour les Journées Européennes du Patrimoine, accompagnera la découverte de l’exposition.

crédits photos Jérôme Le Tellier

Musée Daubigny
Manoir des Colombières, rue de la Sansonne
à Auvers-sur-Oise
01 30 36 80 20
musee-daubigny.com
musee-daubigny@orange.fr