L’audience des époux Paternotte au tribunal correctionnel de Nanterre aura permis d’éclaircir certaines zones d’ombres. Jugés pour abus de faiblesse avec le notaire Me Patrick Planchon, ils clament leur innocence. A l’inverse, selon la partie civile, l’audience a permis de mettre en lumière les contradictions de la version livrée par le maire de Sannois et sa compagne.

A la barre de la 15ème chambre du tribunal correctionnel de Nanterre, ils ont du se replonger dans cette journée du 1er octobre 2004. Ce jour-là, les époux Yannick et Sylvie Paternotte se rendent chez Lucienne Kielar, une Sannoisienne de 91 ans. Accompagné du notaire Me Patrick Planchon, ils signent une donation : Lucienne Kielar donne aux époux ses parts d’une propriété de Sannois. En robe de chambre, enrhumé, la nonagénaire a la signature tremblante, et signe même "Kierar".

Plus de huit ans après cette journée, les époux Paternotte et Me Planchon se sont retrouvés tous trois face à la justice : les premiers pour abus de faiblesse, le second pour complicité. La présidente de la 15ème Chambre, Isabelle Prevost-Desprez et ses assesseurs doivent répondre à une question : Lucienne Kielar était-elle en pleine possession de ses moyens physiques et psychiques pour signer cette donation ? A la barre, Yannick Paternotte l’a réaffirmé : il n’a eu aucun doute concernant l’état de santé de sa donatrice. Une version défendue par son avocate, Me Caty Richard :

A l’inverse, du côté de la partie civile, les explications des époux Paternotte et du notaire n’ont pas convaincu. Pour elle, le maire de Sannois et sa compagne ont sciemment profité de l’état de faiblesse de Lucienne Kielar. Un geste indigne du statut de Yannick Paternotte pour l’avocat de la partie civile, Me Antoine Camus :

La décision a été mise en délibéré. Il faudra donc attendre le 13 décembre pour connaître l’issue de cette affaire. Toutefois, les différentes parties pourront encore faire appel de cette décision. Le procureur a requis 2 ans de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et 2 ans d’inéligibilité contre Yannick Paternotte.