EDEN PALACE
Denis Chabroullet – Théâtre de la Mezzanine

>théâtre – création 2012/2013

en partenariat avec les villes d’Argenteuil, Jouy-le-Moutier, Gonesse et Ermont
dans le cadre du Festival Théâtral du Val d’Oise

>bande annonce

Eden Palace est une nouvelle étape dans le parcours d’un artiste singulier, atypique, qui, depuis plus de 30 ans interroge à sa façon, le rapport de l’espace scénique au public. Ce questionnement est aussi une façon de remettre en jeu, à chaque nouvelle étape de création, les formes et les matières dramatiques, l’investissement des espaces par le corps des comédiens, les objets, les sons et la musique, la lumière, les images. Et en filigrane, comment parler du monde d’aujourd’hui encore et toujours, avec l’outillage produit par l’usine intime de l’artiste, sans jamais se départir de ce questionnement implicite : produire du sens et des sens en provoquant le regard du public.

Après Nous sommes tous des papous (2006) – qui installait le public en surplomb de l’espace scénique, donnant à voir la déliquescence d’une mini-société regardée à travers une bouche d’égout, comme on le ferait pour la dissection d’un corps malade du haut d’un amphithéâtre -, et Côte d’Azur (reçu en janvier 2009 à L’apostrophe), – immense bassin d’eau entouré de palissades autour desquelles le public regardait par des volets mi-clos, et des caméras de télésurveillance, Monsieur Schpitz et sa clique réinventer le monde clos – , l’envie d’emmener le public à travers une scénographie où s’enchevêtrent ruelles et chambres, arrive comme une évidence.

Il y a dans ce cheminement une envie de relation intime, charnelle, presque amoureuse avec le public. On ne parle évidemment pas de la même manière à un parterre passif et à un groupe de personnes en mouvement, dont on sent les moindres tressaillements !

Comme toujours chez Denis Chabroullet, le rapport au public et l’installation scénique est un élément essentiel de la dynamique dramatique. Dans Eden Palace, la proximité du regard que le spectateur va poser sur un univers que l’on devine déjà empli d’images très fortes (comme dans tous les univers de Chabroullet) questionne aussi sur la récurrence d’émotions nostalgiques provoqué par le réalisme d’une époque très souvent magnifiée dans ses créations : les trente glorieuses. “ Pour moi, la nostalgie permet d’une certaine manière, de créer une distance par rapport à la dureté des choses, de l’adoucir… et puis de cette distance naît un nouvel espace de mythologie.” Sur le réalisme parfait de ses univers (on se souvient du magnifique café de Monsieur Schpitz dans Côte d’Azur, des auto-tamponneuses et des chevaux de foire de Champs d’amour), Chabroullet raconte comment le fronton des cinémas de son enfance s’est imposé, comme élément de passage fantastique entre le monde de devant et celui de derrière : “ Dans mon enfance, aller au cinéma comme l’Eden ou le Rex du 13ème arrondissement, était notre passeport pour la gloire et l’aventure : on se régalait de films américains sur la guerre de Corée, bons ou mauvais, mais dans lesquels il y avait toujours deux mondes diamétralement opposés ! Et puis un jour, est arrivé sur les écrans Tintin et les oranges bleues : surréaliste !”

Il n’est donc pas question de violenter le public dans ce parcours multiformes, mais de le faire cheminer à travers une disparité d’univers incroyables, par lesquels le monde se montrerait tout en altérité, du pire au meilleur, un monde sans milieu : “comme un sachet de thé, qu’on plonge successivement dans un bac brûlant puis glacé”


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Salle Jean Vilar, 9 boulevard Héloïse / Argenteuil
du 14 au 22 novembre
à partir de 18h45, le dimanche à partir de 16h30

distribution
Création Théâtre de la Mezzanine • mise en scène, écriture Denis Chabroullet • scénographie Denis Chabroullet, Michel Lagarde • univers sonore Roselyne Bonnet des Tuves • assistante Cécile Maquet • avec Alexis Bestion de Camboulas / Jean-Philippe Espinasse en alternance, Martial Bort, Roselyne Bonnet des Tuves, Antonia Bosco, Jérome Buet, Denis Chabroullet, Benjamin Clée, Bertrand Dazin, Sorin Dorobantu, Patrick Frapeau, Thierry Grasset, Olivier Hestin, Stéfano Intieri, Mayuko Karasawa, Pauline Lefeuvre, Cécile Maquet, Laurent Marconnet, Erwan Picquet, Eric Pottier, Lenuta Roman, Jean-Louis Sbardella, Clémence Schreiber • lumières Jérôme Buet • son et vidéo Éric Pottier • constructions et machines Atelier du Théâtre de la Mezzanine sous la direction de Démis Boussu, par Cédric Champoussin, Thierry Grasset, Christelle Langlois, Lionel Lesage, Benjamin Lousse, Sylvain Pagazzi • accessoiriste Véronique Lorne • costumes Marion Duvinage, Lucie Bourdais • sculpture Pauline Lefeuvre • marionnettes Anne Vuarnesson • stagiaires construction Florentin Guesdon, Morgan Politano, Flavie Maillet, Valentin Colcomb • ©photos Michel Lagarde, Cécile Maquet, Alain Richard

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Informations pratiques
tarif plein 22 € – tarif réduit 17 € – groupe scolaire 10 € – tarifs abonnés 5 € à 14 €
Réservations au 01 34 20 14 14 – www.lapostrophe.net – reservation@lapostrophe.net