Les militants socialistes valdoisiens voteront jeudi pour désigner leur prochain secrétaire fédéral. Ils pourront choisir entre trois candidats : Adelaïde Piazzi, Alain Assouline et Rachid Temal. 
 
Les trois concurents à la tête du PS 95 étaient sur le plateau de VOtv mardi pour débattre de leurs idées. Parmi les thèmes forts abordés, la rénovation du PS 95, le non-cumul des mandats ou encore les échéances électorales.

 Confiante dans ses chances, Adelaïde Piazzi a prôné une « stratégie plus offensive pour soutenir François Hollande ». En lice sous la bannière de la mention 3, qui a permis à Emmanuel Maurel de recueillir près de 30% des voix face à Harlem Désir, la première adjointe au maire de Montmorency se pose comme « la candidate d’une sensibilité particulière ». Et elle ne craint pas les consignes de vote des différentes sections à leurs militants : « J’ai des soutiens qui sont des personnes libres », affirme-t-elle, assurant que des militants pourraient ne pas respecter des appels à voter pour ses concurrents. « Ils ont volonté de s’exprimer pour ma candidature », argue-t-elle. 

 Rachid Temal, notamment soutenu par l’actuel patron du PS 95 Dominique Lefebvre, se définit quant à lui comme « le candidat des 53 sections du Val d’Oise ». Soutenu par la motion 1, dont il est le représentant, ainsi que les motions 2, 4 et 5, il explique ne pas être « le candidat d’un homme mais celui d’une équipe ». Egalement partisan du soutien au gouvernement, l’adjoint au maire de Taverny entend mettre fin à « 10 ans de casse sociale de l’UMP ». Le candidat a en outre créé la surprise en indiquant qu’il n’hésiterait pas à retirer sa candidature au soir du premier tour si Alain Assouline le devançait. « Je suis respectueux du vote militant », explique-t-il.

 La règle de réciprocité ne s’appliquera pourtant pas à son concurrent en cas de scénario inverse. Misant sur sa « parole forte », Alain Assouline souhaite faire émerger « des responsables » en cas d’élection. « Oui je serai un candidat de transition », clame l’autre candidat de la motion 1. Son objectif, fédérer le parti à travers toutes ses sensibilités : « Je réunirai Adelaïde Piazzi et Rachid Temal. » L’adjoint au maire de Bouffémont  juge en outre qu’un premier secrétaire « doit prendre le temps de gérer sa fédération », chose qu’il promet de faire s’il est élu. Une élection à laquelle il croit, se félicitant d’avoir obtenu « plus de 500 soutiens », parmi lesquels « quelques surprises ». Mais plus celui de Philippe Doucet qui a finalement tranché pour Rachid Temal. Un revers décisif ? « Les militants ne sont pas des moutons » estime-t-il. 

Pour une rénovation et un non cumul des mandats

Premier grand thème abordé mardi sur VOtv, « la rénovation » a permis aux candidats de présenter leur vision de l’avenir de leur fédération. Rachid Temal a défini les quatre axes de sa politique départementale : « Un soutien au gouvernement, le débat, le goût du contact avec les citoyens, et programme de soutien aux sections ». Pour ce faire le candidat explique qu’il s’appuiera sur « 24 engagements faisant l’objet d’un compte rendu annuel ». Il promet en outre de se rendre dans chacune des sections s’il est élu en vue de l’adoption « au printemps prochain d’une stratégie départementale pour municipales ». 

De son côté, Adelaïde Piazzi milite pour « une rénovation des idées au cœur du débat des socialistes et non un problème de personnes ». Des guerres d’égo qui ont selon elle fait de gros dégâts dans le département par le passé, notamment avec « la perte du Conseil général ». L’élue de Montmorency explique ainsi vouloir « un parti de débat » et affirme qu’elle mettra l’accent sur les questions de « formation des militants ». Elle souhaite en outre « un autre militantisme sur le terrain » pour « aller a la rencontre des entreprises telles que Revlon ou des amicales de locataires ».

Alain Assouline voit pour sa part dans la rénovation un moyen de changer le fonctionnement du parti. Ce qui implique entre autre de se mettre rapidement au travail en vue des prochaines échéances électorales : « Je pense que pour les 3 prochaines élections il faut déjà se mettre autour d’une table et avoir une stratégie prévisionnelle des candidatures », estime-t-il. Face à l’afflux de nouveaux militants lors de la primaire socialiste, l’élu de Bouffémont recommande également la relance « de la formation des militants ». 

Alors que le rapport Jospin, récemment rendu public, prône le non cumul des mandats les trois candidats on manifesté leur approbation, Adelaïde Piazzi étant la plus pressée d’en finir avec cette pratique et promettant de travailler sur le sujet dès « le lendemain de [son]élection ». Pour elle, il est nécessaire de « l’imposer avec fermeté mais pédagogie ». Alain Assouline promet lui aussi de l’appliquer aux élus du département, mais pas avant 2014 et les prochaines élections municipales. « Il faut se réunir avec les équipes locales. Il faut travailler avec l’ensemble des élus pour voir qui peu prendre la relève », estime le candidat. Rachid Temal attend pour sa part un « engagement ferme des sections ».  « L’enjeu c’est de respecter nos principes », argue-t-il.

Les prochaines échéances électorales 

Le prochain patron du PS valdoisien aura également la lourde tâche de mener les campagnes électorales. Pour se donner toutes les chances de conquérir de nouvelles mairies tout en conservant à gauche les villes déjà socialistes chacun a ses idées. 

Adelaïde Piazzi entend former ses militants. « Préparer les équipes locales, c’est pointer les regroupements ou nous sommes dans l’opposition et ou nous pouvons gagner une ville », estime-t-elle. L’élue entend ainsi leur donner les moyens de réussir de bonnes campagnes : « Il faut les aider matériellement, stratégiquement, financièrement ». Elle ne souhaite cependant pas abandonner les communes déjà conquises et craint des défaites en 2014 qui pourraient être pour la droite, « le premier marche pied pour reprendre le Sénat au PS ». Rachid Temal propose quant à lui un « travail de formation des militants » mais également des débats pour aboutir à des « positions communes ». Pour lui, il est nécessaire « d’harmoniser le discours en vue des élections ». Le candidat juge également que la différence se fera par « le lien entre droite et extrême droite ». Un constat partagé par Alain Assouline. S’il estime pour sa part que les élus de gauche « font du bon travail », il juge que la difficulté des élections de 2014 résidera « sur la bataille des valeurs idéologique et culturelles »
 
Le choc de compétitivité

Les trois candidats ont enfin pu s’exprimer sur le thème du pacte de compétitivité du gouvernement et plus particulièrement sur la hausse de la TVA. Alain Assouline a ainsi pris la défense du président de la République : « François Hollande a été très clair : On va faire un effort sur les produits depremière nécessité mais il faudra faire un effort sur autre chose ». Adelaïde Piazzi est pour sa part revenue sur le volte face socialiste sur la question. Selon elle, les militants « se sont mis en avant sur la proposition de François Hollande et le détricotage de la TVA de Nicolas Sarkozy cet été ». Le changement de cap du gouvernement les a ainsi laissé dans une position délicate. « Aujourd’hui on leur demande de faire le contraire. Il ne comprennent pas et ne peuvent pas se faire comprendre », explique-t-elle. Enfin, Rachid Temal est revenu sur la gestion de l’ancienne majorité présidentielle pour justifier la situation économique difficile. « Il faut regarder d’où nous partons », argue-t-il. Le candidat estime désormais qu’il faut « aller à la rencontre des Français pour leur expliquer la politique du PS »