Aujourd’hui, visiter Goussainville revient à passer d’un quartier à l’autre et à traverser ainsi un siècle d’histoire urbaine. Chaque époque est encore visible, même si certaines cités d’urgence ont disparu car trop vétustes et ont été remplacées par des constructions plus modernes…

De la même façon les tours des Grands Ensembles ont été détruites, elles ne répondaient plus au modèle social actuel. En définitive, urbaniser un territoire est la mise en application par les municipalités en place et leurs partenaires sociaux de programmes nationaux définis pour améliorer les conditions de vie des habitants. En perpétuelle évolution, la ville travaille aujourd’hui encore avec l’héritage urbain qu’elle recevra, on parle d’ailleurs de programme de rénovation urbaine.

Le service archives de Goussainville vous propose une présentation de l’histoire des quartiers qui se sont successivement implantés pour former la ville actuelle. Le découpage proposé a été défini selon un ordre chronologique. Douze quartiers sont ainsi successivement présentés, chacun ayant son histoire propre et répondant à une conjoncture particulière.

Un peu d’histoire…
La ville actuelle s’est façonnée en un siècle avec l’installation du premier lotissement de la Chapellerie, à la veille de la première Guerre mondiale. Avant cette première étape de l’urbanisation du territoire, Goussainville présentait un tout autre visage : un bourg rural concentré le long d’une rue principale et un lieu-dit, excentré, la Grange des Noues. Le reste du territoire n’est que champs, prairies, vergers ou cressonnières. L’activité économique du village est essentiellement agricole. Les terres se repartissent entre gros exploitants. Ainsi le domaine de la Grange des Noues se compose non seulement d’une bâtisse agricole mais aussi et surtout de nombreux terrains répartis autour de la ferme et de part et d’autre de la voie ferrée.

L’implantation de la gare à Goussainville
L’évènement à l’origine de la mutation urbaine du territoire marque le XIXème siècle : l’installation d’une gare sur la commune sur le tracé de la ligne qui rallie Paris à Creil. Cette gare, fonctionnelle dans les années 1870, permet d’abord au village de développer une activité industrielle. Une briqueterie, une scierie puis une sucrerie s’implantent progressivement. Ces établissements industriels semblent connaître une activité florissante, la sucrerie a fonctionné jusqu’au début des années 1980.

L’urbanisation du territoire
Puis Goussainville attire de plus en plus, d’abord des ouvriers recrutés par les entreprises implantées autour de la gare puis des salariés ou employés de bureaux qui travaillent à Paris sans avoir les moyens de vivre décemment dans la capitale.

La ligne Paris-Creil et ses trains réguliers leur offrent l’opportunité de se loger à moindre coût. L’urbanisation du territoire est lancée et les quartiers d’aujourd’hui s’implantent progressivement. Les programmes urbains se succèdent, chacun apportant à la commune son empreinte et son originalité. Ainsi, l’ancien domaine de la Grange des Noues vendu à des promoteurs parisiens est découpé en parcelles cédées à des familles désireuses de vivre dans la ville. De nombreuses phratries s’installent alors, chacune construit sa maison selon ses moyens et les matériaux dont elle dispose ! La brique sera très utilisée parfois produite dans la briqueterie toute proche ! En quelques années la ville a fait face à un fort accroissement de population, sans forcément prévoir les infrastructures et les réseaux nécessaires. La presse locale décrit d’ailleurs une situation plus chaotique qu’idyllique !
Ainsi, à l’aube de la seconde Guerre mondiale, les alentours de la Grange des Noues s’urbanisent. Les cartes postales et les archives municipales témoignent de cette première étape.

L’arrivée des nouveaux ensembles : Ampère et les Grandes Bornes
L’après-guerre est marquée par une succession de programmes de logement pour répondre à deux objectifs : proposer des solutions à des situations d’urgence, de nombreuses familles vivent dans une trop grande précarité, et loger une population en constante augmentation. Les premières cités d’urgence se construisent, autour de la gare. Puis les projets évoluent, on construit plus grand et opte dorénavant pour des logements collectifs. Les Grands Ensembles, modèle social d’habitat communautaire, se construisent dans les années 1960 dans deux secteurs de la ville : Ampère et les Grandes Bornes.
Puis très vite, ce mode d’habitat est remis en question, du fait de l’enclavement des résidents dans un espace clos. C’est le retour des quartiers pavillonnaires et des immeubles de tailles moyennes… finies les tours, les nouvelles constructions n’auront pas plus de six étages !

A la découverte de vos quartiers
Du 23 novembre au 21 décembre dans le hall de la mairie