Alors que la Chambre de Commerce, jusqu’ici installée rue de Rouen, a quitté Pontoise, l’Association des Habitants du Quartier Notre-Dame-Viosne-Gare s’inquiète. S’ils tentent en vain de trouver un nouvel acquéreur aux locaux afin de préserver le dynamisme économique du quartier, les membres voient peser la menace d’une urbanisation massive à la place de l’ancien bâtiment. 

Il y a 35 ans, l’Association des Habitants du Quartier Notre-Dame-Viosne-Gare militait pour l’installation rue de Rouen de la délégation de la Chambre de Commerce. Un succès qui avait permis freiner l’urbanisation du quartier Notre-Dame tout en offrant à 120 personnes de travailler dans les locaux. Une aubaine pour l’activité commerçante de Notre-Dame, « seul quartier de Pontoise dont les petits commerces ont jusqu’à présent résisté à toutes les crises, sans solliciter ni attendre de la municipalité les aides et les faveurs qui n’ont pas manqué ailleurs », explique l’association. Pour conserver ce dynamisme économique, celle-ci avait été contrainte il y a 7 ans de céder « le rond central », parking public de 74 places à la CCI. Aujourd’hui, les membres s’insurgent contre le départ de la délégation à Cergy: « Nous constatons que la Chambre de Commerce n’a pas tenu ses promesses, pas davantage que la municipalité ».

Depuis, les habitants essaient en vain « d’intéresser des professionnels libéraux au rachat et à la redynamisation de l’immeuble ». Un combat qu’ils doivent assumer seuls. « Si la municipalité de Pontoise nous a accompagnés dans cette tentative, elle n’a malheureusement fait preuve d’aucune initiative réelle », précisent-ils. Les enjeux sont multiples pour l’association. Outre « trouver une solution qui garantisse le maintien de l’emploi sur le site pour assurer la vitalité du quartier », elle entend récupérer le parking, nécessaire aux habitants et contrer un projet de constructions de logements à la place des bureaux. « La municipalité semble sur le point d’autoriser le promoteur Eifage à construire 400 logements sur l’actuel parking de la gare, pour y loger environ 1200 habitants. En dehors du promoteur, qui y trouvera intérêt ? », s’interrogent les habitants, qui évoquent les conséquences d’une urbanisation trop importante : « Ce genre de bétonnage n’aboutit qu’à créer des quartiers-dortoirs qui engendrent de nouveaux problèmes, notamment de stationnement et de circulation. Comment imaginer un instant que l’on puisse accueillir à proximité de la gare 1200 habitants nouveaux sans créer de voiries nouvelles, d’espaces verts, de places en crèche et autres services publics ?»

L’association appelle maintenant  les habitants « à se mobiliser pour faire échec à une politique du laisser-aller et du bétonnage à tout va ». Et de dénoncer les débats publics organisés sur l’avenir des quartiers et du petit commerce qui « n’ont pas d’autre but que d’endormir la vigilance des Pontoisiens ».