Les élus du Nord-Est francilien se mobilisent. Ceux du Grand Roissy lancent une pétition pour la liaison vers l’aéroport. Le rapport Auzannet sur le métro automatique Grand Paris Express, rendu public en fin de semaine dernière, préconise le report du tronçon entre l’aéroport du Bourget et Roissy-Charles de Gaulle après 2030. Sa construction, initialement prévue pour 2025, serait renvoyée à 2030 voire 2040. Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devrait rendre sa décision courant février.
 

Les élus du Grand Roissy et du Bourget, ainsi que les Conseils généraux du Val d’Oise, de la Seine-et-Marne et de la Seine-Saint-Denis, toutes sensibilités politiques confondues, se mobilisent pour la réalisation de la ligne rouge du Grand Paris Express. Ce mercredi, ils ont présenté à l’Assemblée Nationale, une motion commune et un courrier adressé au Premier Ministre pour obtenir dès 2025 la mise en service des tronçons Nord et Est de la ligne rouge du Grand Paris Express. Ils lancent également une pétition pour la liaison vers l’aéroport mise à mal par le rapport Auzannet. Un rapport rendu public mi-décembre 2012, commandé par Cécile Duflot, ministre du Grand Paris, qui  a remis en cause la réalisation du projet en raison d’un surcoût de 10 milliards d’euros sur le coût initial. Pascal Auzannet, en charge de revoir le dossier, a recommandé un étalage des travaux avec un ordre de priorité qui repousserait à 2030, voire 2040 la liaison entre Le Bourget et Roissy-Charles de Gaulle. 

« Plus de 100 000 emplois créés »

Patrick Renaud, président de la Communauté d’agglomération Roissy Porte de France et président de l’association des collectivités du Grand Roissy, indique que « le Grand Roissy, entre Le Mesnil Amelot, Roissy et Le Bourget, est un territoire stratégique de 500.000 habitants au formidable potentiel de développement économique. Un territoire prioritaire qui, de Sarcelles et Villiers-le-Bel à Clichy et Montfermeil, connaît un chômage élevé. C’est un territoire où le métro automatique est une nécessité majeure ».

Selon une étude du cabinet ECODEV, réalisée début 2012, les 25 projets portés par le territoire du Grand Roissy et du Bourget pourraient déboucher sur environ 100 000 nouveaux emplois. Selon les élus, six milliards d’euros pourraient également être investis par des établissements privés. « Le Grand Paris répond à la priorité absolue qui est l’emploi. Sur le Grand Roissy, plus de 100 000 emplois seront créés dans les années à venir à condition que soit mise en service rapidement la ligne rouge du Grand Paris Express, poursuit Patrick Renaud. Elle doit aussi permettre aux milliers de demandeurs d’emplois des quartiers enclavés de trouver plus facilement du travail partout en Ile-de-France grâce à l’amélioration des transports. Plus largement, le Grand Paris doit contribuer à réduire la fracture territoriale et le déséquilibre entre l’est et l’ouest de la métropole ». Les élus demandent donc au Gouvernement de réaliser prioritairement en 2025 la ligne Rouge du métro automatique Grand Paris Express.

Une forte attente des habitants du territoire

Même les habitants du Grand Roissy défendent le projet. A travers une étude menée par l’institut de sondage CSA sur 811 individus, il apparait que le projet intéresse grandement les habitants du territoire. Plus de 80% estiment que le métro Grand Paris Express aura un rôle positif sur l’emploi et l’implantation de nouvelles entreprises sur le territoire. Pour 59% d’entre eux, cela pourrait même participer à mieux lutter contre les exclusions. Ils sont 84% à considérer le projet important pour l’avenir de leur commune.

Elus et habitants sont donc sur la même longueur d’ondes. Reste désormais à attendre le verdict du gouvernement sur la question. La décision devrait être rendue dans le courant du mois de février.