THIS IS HOW YOU WILL DISAPPEAR
Gisèle Vienne – DACM
>danse
dans le cadre Festival Arts mêlés – 9è Périphérique

Beauté, monstruosité, ordre et chaos, les interrogations de Gisèle Vienne sont porteuses d’une certaine radicalité. Bien dans son temps, la jeune metteure en scène cultive les projets singuliers qui fédèrent autour d’elle des figures d’outre monde, des propos sulfureux, des sujets limites, violence, crime, fantasmes, pornographie. Rien de complaisant pourtant dans ces propositions. Du vivant à l’objet, marionnette, poupée, mannequin, ce sont des questions d’esthétiques qui au fil du temps ont porté l’artiste jusqu’à la création de « This is how you will disappear », un fascinant et gigantesque dispositif scénographique tout d’arbres et de brume qui dévore l’espace et se referme sur les énigmatiques personnages du spectacle, leurs actes, et autres scènes capitales. Ici au croisement de la tragédie et du naturalisme.

 

De la beauté liée à l’ordre et à la perfection, au désordre et à la ruine
« Nos goûts esthétiques semblent pouvoir nous mener à des extrêmes opposés, reflétant toute l’ambivalence de notre être ; de l’instinct primitif, de l’ivresse que peut générer nos forces naturelles, de notre rapport charnel au monde, à notre quête du sens et notre faculté à canaliser et mettre en forme ces puissantes énergies.

Ambivalence et déviance. Que deviennent ces forces lorsqu’elles glissent du champ de l’art au champ social et se développent hors cadre ? « Par exemple, lorsque la beauté de l’ordre sert à des fins de propagande politique ou que la beauté de la ruine se transforme en vandalisme réel ou justifie des actes de violence. Ces esthétiques de l’extrême sont potentiellement dérangeantes car elles reflètent ce qui nous anime profondément. L’art est cette dimension indispensable qui nous permet de dialoguer en toute honnêteté avec nos ressorts intimes, de les éprouver, sans mettre en péril l’équilibre de la communauté. »

Cette évocation, qui donne à la pièce la forme d’un mythe contemporain, permet de mettre en scène des êtres incarnant, sous une forme symbolique, des forces de la nature et des aspects de la condition humaine. Les trois figures qui traversent la pièce ont également valeur d’archétypes : un entraîneur représente l’autorité, garant de l’ordre, une jeune athlète figure la beauté liée à la perfection et une jeune rock star, la beauté liée à la ruine. Ces deux idoles post-adolescentes incarnent des idéaux esthétiques opposés, des sortes de canons de beauté contradictoires issus de notre culture contemporaine. Ils oscillent fortement entre une interprétation incarnée et désincarnée. Alors que l’espace se transforme, du réel à l’espace mental, ces personnages se révèlent être des fantasmes, fantômes issus de l’esprit de l’entraîneur.

La scénographie (terme qui, pour nous, implique les volumes, les objets, les lumières et les phénomènes provoqués par les jeux de machinerie) représente une forêt. Ce paysage aux grandes capacités de métamorphose va revêtir au départ un aspect attrayant et sain pour prendre par la suite un aspect inquiétant, dangereux. Avec le mouvement engendré par le développement de la scénographie, c’est toute la pièce qui, partant de l’ordre lié à la civilisation va glisser à la sauvagerie et permettre d’interroger l’articulation de ces contraires.

Le travail plastique entrepris pour cette pièce, consiste, entre autres choses, à créer et provoquer des phénomènes naturels qui deviennent autant d’expériences physiologiques et psychologiques aussi bien pour les protagonistes que pour les spectateurs. La pièce s’intéresse à l’espace qui existe entre l’attente rationnelle que provoque la venue d’un événement et ses liens avec l’expérience physique que l’on en fait. Nous travaillons sur le rapport émotionnel que nous entretenons chacun avec les phénomènes météorologiques et la manière dont ils affectent notre sensibilité. La collaboration du vidéaste Shiro Takatani, de l’éclairagiste Patrick Riou, de la sculptrice de brouillard, Fujiko Nakaya, permet de développer, dans toute sa richesse, la mise en scène de la nature sur un plateau. »
Gisèle Vienne

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Mardi 5 février – 20h30

Mercredi 6 février – 20h30

L’-Théâtre des Louvrais, place de la Paix / Pontoise

distribution
Création DACM • conception, mise en scène, chorégraphie, scénographie Gisèle Vienne • collaboration et interprétation Jonathan Capdevielle, Margrét Sara Gudjónsdóttir, Jonathan Schatz • création musicale, interprétation, diffusion live Stephen O’Malley, Peter Rehberg • texte, paroles de la chanson Dennis Cooper • lumière Patrick Riou • sculpture de brume Fujiko Nakaya • vidéo Shiro Takatani

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Informations pratiques
tarif plein 19 € – tarif réduit 16 € – groupe scolaire 9 € – tarifs abonnés 5 € à 14 €
Réservations au 01 34 20 14 14 – www.lapostrophe.net – reservation@lapostrophe.net