Ingrid Betancourt ou encore Patrick Kennedy seront présents ce lundi à Auvers-sur-Oise en soutien aux Moudjahidines du peuple iranien, un mouvement de résistance au régime de Téhéran. Une cérémonie d’hommage aux 6 victimes de l’attaque du camp Liberty, ce week-end en Irak, sera organisée au siège du mouvement, installé à Auvers-sur-Oise.

 Samedi 9 février, 35 roquettes et mortiers ont été tirés sur le camp de réfugiés  Liberty, près de Bagdad en Irak. Le bilan avancé par le mouvement de résistance iranien est de 6 morts et d’une centaine de blessés. Dans ce camp, sont regroupés plus de 3.000 Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), en lutte contre le régime de Mahmoud Ahmadinejad. Le siège du mouvement se trouve depuis plus de 25 ans à Auvers-sur-Oise, dans le Val d’Oise.

Cette attaque n’est pas la première, pour ces réfugiés iraniens d’Irak. Ce mouvement de résistance est la cible répétée du régime de Téhéran et de leur allié irakien, dans le camp d’Achraf d’abord et dans celui de Liberty ensuite. Car depuis le début des  années 1980, les Moudjahidines iraniens, en lutte contre le régime l’ayatollah Khomeini, avaient trouvé refuge dans l’Irak voisin de Saddam Hussein. Ces opposants iraniens, installés à quelques encablures de la frontière, ont toujours suscité l’inquiétude du régime des Mollahs. Avec leurs nouveaux alliés irakiens, Téhéran a toujours cherché à éliminer ce mouvement d’opposition particulièrement actif.

Derrière l’attaque du camp LIberty de samedi dernier, les Moudjahidines y voient bien sûr la main de Téhéran. "L’attaque a eu lieu le jour du 35ième anniversaire de la Révolution iranienne" souligne Afchine Alavi, "ce n’est pas un hasard". Pas un hasard non plus, la proximité d’élections présidentielles, prévues en juin prochain, dans un climat de défiance vis à vis du président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. Concernant l’attaque du camp Liberty, les Moudjahidines accusent également les complicités irakiennes. Les roquettes lancées sur le camp de réfugiés auraient été lancées depuis un terrain sous contrôle de l’armée irakienne, près de l’aéroport de Bagdad.

L’attaque du camp Liberty en Irak a été dénoncée par le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), l’Union européenne et le gouvernement américain. Le HCR a également réclamé que les autorités irakiennes assurent la sécurité des habitants.

Lundi 11 février, à 14h30, le siège des Moudjahidines d’Auvers-sur-Oise accueillera une cérémonie d’hommage aux victimes du camp Liberty en présence de la présidente du mouvement, Maryam Radjavi et de nombreuses personnalités. Ingrid Betancourt, l’ancien membre du congrès américain Patrick Kennedy ou encore Sid Ahmed Ghozali, l’ancien chef du gouvernement algérien seront présents dans le Val d’Oise. Deux militaires américains, responsables de la protection des camps d’Achraf et de Liberty participeront également à la cérémonie.