En cas de retard, certains conducteurs de RER A rateraient volontairement des stations sur ordre de leur direction, révèle ce lundi Europe 1. Une pratique qui viserait pour la RATP à toucher un « bonus régularité » de la part du Syndicat des transports en Ile-de-France (Stif), tout en évitant de devoir payer des pénalités. Le syndicat a vivement condamné ces pratiques. 

 C’est une information qui risque de faire du bruit auprès des 1,2 millions de passagers quotidiens du RER A. D’après une enquête d’Europe 1, la RATP demande à ses conducteurs de manquer certains arrêts sur la ligne en cas de retard. Objectif, toucher un « bonus régularité » de la part du Stif. Une pratique que reconnaît la RATP, expliquant cependant « appliquer les consignes » du syndicat en charge des transports.

Une version réfutée par Jean-Paul Huchon, président du Syndicat des transports en Ile-de-France qui a tenu à dénoncer cette pratique : « A aucun moment, le Stif ne demande à l’exploitant de sacrifier la desserte des arrêts pour satisfaire aux objectifs de régularité. Une telle pratique serait contraire à l’esprit du contrat qui a été conçu pour améliorer le service rendu aux usagers. » Se disant « furieux », le président du Stif a promis de se pencher sur la question. Et de conclure : « On est chez les fous ». 

Alors que la ligne A du RER est la plus fréquentée d’Europe, occasionnant des retards et des rames bondées, Christine Revault d’Allonnes, présidente de la commission des investissements et élue régionale, rappelle qu’« afin d’améliorer l’offre et la qualité de service de la ligne, le Conseil du STIF a approuvé le 6 juin 2012 le contenu du Schéma Directeur du RER A ». Et d’ajouter : « Avec ce plan ce sont plus de 850 millions d’euros d’investissements en infrastructure et en matériel roulant qui sont prévus. »
 
Valérie Pécresse :  une situation « totalement scandaleuse »

Parmi les voix qui se sont élevées pour dénoncer les pratiques sur le RER A, Valérie Pécresse, présidente du groupe de l’opposition régionale UMP, estime qu’il faut « mettre immédiatement en place un système vertueux ». L’élue, qui s’insurge contre une « situation totalement scandaleuse » précise que le système de bonus-malus doit « inciter les opérateurs de transports (SNCF et RATP) à offrir un meilleur service aux usagers »

Elle annonce ainsi qu’elle déposera le 13 février, lors du prochain conseil du STIF « un vœu réclamant la révision du calcul du bonus-malus ». « Toute dégradation du service, comme la suppression de certains arrêts, sera immédiatement sanctionnée d’un malus et le bonus sera réservé à une régularité constatée à tous les arrêts, sur l’ensemble de la ligne », précise l’élue.